Samedi 5 février au Conseil économique, social et environnemental à Paris, a été officiellement lancé le Forum de l’islam de France (FORIF). Il remplace le Conseil français du culte musulman et est désormais chargé des relations avec les services de l’État. Cette nouvelle organisation modelée sous le quinquennat d’Emmanuel Macron interroge beaucoup.

Depuis l’assassinat de Samuel Paty, la réorganisation de l’islam de France est devenue une constante voire une priorité de l’approche sécuritaire et politique des pouvoirs publics. Après avoir déclaré mort le Conseil français du culte musulman, Gérald Darmanin a vanté les mérites et les espoirs portés par la nouvelle organisation : le FORIF. L’objectif étant de modeler un islam de France à l’image du pays, sans dérives ni ingérences étrangères.

Le FORIF s’est officiellement réuni pour la première fois ce samedi 05 février. Il s’agissait d’une grande concertation entre le gouvernement et les divers représentants du culte musulman. Une centaine de participants se sont rendus à la rencontre, principalement des responsables d’associations, imams et personnalités engagées localement dans le culte musulman. Parmi les thèmes de réflexion, le statut des imams a été abordé ainsi que l’organisation des aumôneries, l’application de la loi contre le séparatisme et la sécurisation des lieux de culte musulmans.

Le FORIF, c’est quoi ?

Le nouveau Forum se présente comme un cycle de travail entre l’État et le culte musulman. Des Assises territoriales de l’islam de France (ATIF) se succèdent autour des préfets et groupes de travail nationaux sur les thématiques identifiées au cours des ATIF. Elles précèdent la session nationale du FORIF avec le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. La première plénière organisée le week-end dernier devait notamment permettre de déterminer le programme de travail de l’année suivant, au niveau des quatre groupes de travail, en lien avec les ATIF, prévus au cours de l’année.

De prime abord, il s’agit de lancer une nouvelle forme de dialogue entre l’État et le culte musulman, sans passer par une structure centrale. Pourtant, les conditions d’établissement de cette organisation témoignent d’une volonté de contrôle du culte musulman, par les autorités publiques. En effet, ces deux dernières années, la communauté musulmane a été prise pour cible par le locataire de la place Beauvau, et son président Emmanuel Macron. Les dissolutions associatives, les fermetures administratives de certains lieux de culte et même d’écoles se sont imposées.

En réalité, en optant pour une nouvelle organisation de l’islam de France, l’Exécutif s’assure d’avoir la mainmise sur le culte musulman, et balaie les ingérences possibles financières étrangères. Pour lutter contre les dérives et l’extrémisme religieux, les pouvoirs publics s’attaquent au nerf de la guerre qu’est le financement. Cependant, la France bafoue le principe de laïcité, sur lequel est fondé la République, en s’immisçant dans les affaires de la communauté musulmane. Pis encore, la patrie des droits humains ne cachant plus son islamophobie d’État, le FORIF risque de devenir un outil opérationnel de cette vendetta politique, à l’approche de la présidentielle.