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« Muslims Like Us », le « Loft Story » musulman a déçu

Diffusée lundi et mardi sur BBC2, l’émission de télé-réalité « Muslims Like Us » a tenté de montrer la diversité de l’Islam. Réussite ou échec ?

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Cet été, dix personnes de religion musulmane et vivant en Angleterre ont partagé un même toit à York pendant 9 jours. Filmés par la BBC, leur cohabitation a été résumée en deux épisodes de 60 minutes diffusés le 12 et 13 décembre 2016 sur BBC2. De cette expérience sociale en est sortie une télé-réalité aux soupons de documentaire. Le casting des participants a été fait de manière à pouvoir présenter un large panel, varié, de musulmans noirs, blancs, asiatiques, sunnites, chiites, convertis et homosexuels. Cependant, il est facile d’imaginer que, derrière cette diversité qui représenterait l’hétérogénéité de la communauté musulmane, pouvait se cacher un concentré de stéréotypes visant entre autres à confronter des styles de vie, des vécus et des valeurs qui seraient incarnés par chaque personne.

Du sensationnalisme à la sauce télé-réalité

Les tensions qui existent aujourd’hui au sein de la population musulmane sont exposées à travers un sensationnalisme « télé-réalitéesque » qui a provoqué de nombreux débats sur la toile. Parmi les participants on découvre notamment Mehreen, maîtresse d’école, qui a suscité beaucoup de réactions positives au sein de la communauté musulmane active sur les réseaux sociaux. Elle représente l’idée de la femme musulmane libre, indépendante, forte et féminine. Nabil a aussi permis à beaucoup de de téléspectateurs de s’identifier. Après avoir vécu au Nigéria, il s’installe en Angleterre où il monte sur scène lors de stand-up. Il combat le racisme à travers ses sketches comiques, mais aussi dès qu’il en a l’occasion, à n’importe quel acte de discrimination auquel il assiste. La majorité des participants à cette émission étaient des sortes de symboles, interconnectés, d’un Islam modéré et moderne où fluidité sexuelle, féminisme, et art sont possibles. « Muslims Like Us » démontre les multiples interprétations possibles du Coran et le caractère tolérant et de compassion de la religion musulmane.

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Abdul Haqq : symbole de l’Islam qui effraie

Sauf que parmi les candidats, la production a forcément voulu accueillir un musulman intégriste. Ancien-boxeur de 35 ans, converti à l’Islam à 24 ans, Anthony Small, devenu Abdul Haqq, a eu une place importante lors des deux épisodes de ce documentaire. Et pour cause. Arrêté en 2014 après avoir essayé de partir en Syrie avec des intentions terroristes, l’homme a tous les défauts de la Terre : misogyne, homophobe, radical et extrémiste. Abdul est l’anti-héros, catalyseur de disputes et controverses entre les « colocataires. » Le sportif refuse notamment de serrer la main des femmes, accuse Zohra de mécréante car il ne supporte pas les chiites et interprète le Coran de manière totalement rigoriste.

Dans le contexte actuel, où être musulman est relativement difficile à cause des amalgames et des discriminations et accusations en tout genre, la BBC ne pouvait trouver meilleur timing pour diffuser ces deux épisodes. Quelles étaient les réelles motivations de la chaîne ? En tout cas, au-delà des intentions de la BBC, il semblerait que « Muslims Like Us » ne permette pas réellement d’avoir un idée objective et réelle de la complexité de la religion musulmane et de ses croyants. Le buzz avant tout. Malgré les nombreuses personnalités présentes dans cette maison, les téléspectateurs se sont focalisés sur le personnage d’Abdul, fascinant dans les valeurs qu’il représente, d’un Islam qui aujourd’hui, effraie mais reste très minoritaire.

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