La normalisation des relations de certains États arabes avec Israël a ouvert une nouvelle ère dans la coopération sécuritaire au Moyen-Orient. L’acquisition de nouvelles armes auprès de partenaires américains ou encore israéliens rythme cette nouvelle dynamique régionale.

En décembre 2021, des rumeurs circulaient sur une éventuelle annulation du contrat de l’année, entre les États-Unis et les Émirats arabes unis. Ces derniers s’étaient rapprochés de Washington pour l’acquisition de 50 avions de combat F-35 et 18 drones Reaper. Le coût total de la transaction est évalué à 23 milliards de dollars.

Dans une analyse publiée sur Middle East Eye, Yossi Melman présente son expertise sur la question. Il estime que l’attribution d’un tel type d’arme pourrait non seulement compromettre l’avance technologique d’Israël mais surtout irriter Washington. Il a par ailleurs rappelé que les récentes attaques de missiles et de drones par le mouvement yéménite Ansarallah a poussé Abou Dhabi à demander une assistance militaire à Israël.

 

Une ère nouvelle de coopération militaire et sécuritaire ?

Israël se trouve au cœur de cette nouvelle dynamique au Moyen-Orient. Ses services secrets, notamment le Mossad, a facilité les liens secrets entre les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l’Arabie Saoudite. Cela a découlé sur une étroite collaboration, en matière de partage de renseignements et de vente d’équipements de renseignements comme le logiciel Pegasus. Le rapprochement sécuritaire entre ces États s’explique également par le fait qu’ils partagent tous une solide relation avec l’Oncle Sam.

Cette proximité sécuritaire affichée d’Israël avec certains de ces voisins proches, à l’heure où le partenariat s’intensifie et la course à l’armement s’accélère interroge énormément. En effet, l’État d’Israël s’est entre autres construit sur la perception d’une menace imminente à sa sécurité. De ce fait, l’État hébreu a développé avec l’aide des Américains et des Français, des technologies de pointe en matière de systèmes de défense et d’armement.

En réalité, la géopolitique militaro-sécuritaire du Moyen-Orient est en perpétuelle évolution. La prétendue stabilité actuelle est issue de la militarisation de cette région du monde, considérée comme un terrain d’intérêt pour les États-Unis. L’hégémonie israélienne en matière d’armement a émergé sur un territoire occupé illégalement, au détriment du peuple de la Palestine. Yossi Melman a expliqué, dans sa note publiée sur le Middle East Eye, qu’Israël était confronté à un dilemme. Comment l’État peut-il maintenir son avantage technologique en vendant des armes à des partenaires stratégique ? Israël devra faire un choix, mais comme à l’accoutumée, elle privilégiera ses intérêts, et non ceux de la région.