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Mosquée de Bruxelles : l’opération séduction de l’Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite a accepté, mardi, de renoncer à la gestion de la Grande mosquée de Bruxelles. Les Belges étaient en position de force pour négocier. Explications.

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70 milliards. Le chiffre donne le tournis. Depuis 1979, l’Arabie Saoudite a déboursé plus de 70 milliards de dollars sous forme de dons pour diffuser l’idéologie wahhabite à travers la planète. Une « wahhabisation » à coup de dollars qui n’a jamais cessé. Et pourtant, ce mardi, le ministre saoudien des Affaires étrangères a officiellement accepté de lâcher la gestion de la Grande mosquée de Bruxelles, que les autorités belges tentent de récupérer depuis plusieurs mois.

Doit-on croire que le royaume saoudien a décidé d’arrêter de diffuser son idéologie à travers la planète ? Les derniers événements montrent qu’on est loin d’être dans ce cas. En effet, rien qu’en fin d’année dernière, Riyad a réussi à financer 560 mosquées au Bangladesh. L’Arabie Saoudite est également très active de l’autre côté de l’océan, puisqu’elle a proposé de construire une mosquée à… Cuba.

Mais alors pourquoi revenir sur le contrat de gestion de la mosquée de Bruxelles alors que celui-ci courait encore pour un demi-siècle ? La Belgique n’est pas dupe. Pour Georges Dallemagne, député fédéral et qui avait dénoncé l’influence du wahhabisme en Belgique, cité par RTBF, la décision saoudienne est avant tout géopolitique. « D’abord, le pays est en conflit avec l’Iran. Ils ont besoin d’alliés et d’avoir à leurs côtés les Européens et les Américains. Pour les Américains, c’est déjà fait. La Grande-Bretagne vient, elle, de signer un accord stratégique avec l’Arabie Saoudite, et ils ont besoin de faire en sorte que l’opinion publique européenne et internationale soit un peu moins hostile aux valeurs saoudiennes. »

Pour le député, il s’agit d’« une opération de charme à l’égard de l’Europe » mais il ne faut pour autant pas être naïf : « Que l’on ne s’y méprenne pas. (…) Il n’y a pas d’’aggiornamento’ en Arabie Saoudite par rapport aux liens entre wahhabisme et djihadisme », ajoute Georges Dallemagne, qui indique qu’il y a, aujourd’hui, « tout un travail à refaire par rapport à cette idéologie qui a véritablement déstabilisé nos communautés. »

Reste que la gestion de la mosquée ne devrait passer dans les mains belges avant la fin de l’année. Les ministères de l’Intérieur et de la Justice, qui ont œuvré à négocier avec Riyad, vont maintenant devoir décider qui gèrera le lieu de culte. L’exécutif des musulmans de Belgique — le CFCM belge — sera un partenaire privilégié des autorités, mais Georges Dallemagne ne veut pas que cette organisation soit seule gérante de la mosquée de Bruxelles. Notamment à cause de ses accointances avec le Maroc et la Turquie.

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