Le gouvernement sud-africain a désapprouvé dimanche 14 novembre, la participation de l’actuelle Miss Afrique du Sud, Lalela Mswane, au concours annuel de Miss Univers, prévu le 12 décembre prochain en Israël. 

La ville d’Eilat, en Israël, abritera en décembre prochain, la 70e édition du concours de beauté Miss Univers. Chaque pays est représenté par la candidate ayant remporté le concours national, ou par l’une de ses dauphines. Cet événement, réunissant les plus belles femmes, du monde entier, suscite beaucoup de tensions en Afrique du Sud. 

Le gouvernement sud-africain a appelé sa candidate, Lalela Mswane, à boycotter le concours, et ne pas faire le déplacement en Israël. Pour le ministère des Arts et de la Culture, « Les atrocités commises par Israël contre les Palestiniens sont bien documentées et le gouvernement, en tant que représentant légitime du peuple d’Afrique du Sud, ne peut pas en conscience s’y associer ». 

Cette décision politique, prise par le gouvernement, déplaît fortement aux organisateurs du concours national, Miss Afrique du Sud. Lalela Mswane est décidée à aller à l’encontre de la volonté de son gouvernement et de s’envoler en Israël.

Janine Greenleaf Walker, porte-parole de l’organisation de Miss Univers Afrique du Sud s’est exprimée sur l’annonce gouvernementale, déclarant que « L’organisation de Miss Afrique du Sud ne s’implique pas dans une guerre politique des mots et a hâte de voir Miss Univers Afrique du Sud rendre le pays fier sur la scène internationale ».

Un soutien inconditionnel

De l’extérieur, l’appel au boycott d’une compétition internationale de beauté par l’Afrique du Sud semble exagéré. Pourtant cette décision, certes politique, est motivée par des liens historiques indéfectibles, avec le peuple palestinien. 

L’Afrique du Sud s’est dressée en fervent défenseur de la cause palestinienne sur le continent afrcain et à l’échelle internationale, dès 1994. Les Sud-Africains n’ont jamais oublié la déclaration de Nelson Mandela, en 1997, ​à l’occasion de la journée de solidarité internationale au peuple palestinien, affirmant que « Nous savons que notre liberté est incompl​ète sans la liberte des Palestiniens ».

Le parti de Nelson Mandela, au pouvoir aujourd’hui en Afrique du Sud, poursuit la lutte contre les exactions commises à l’encontre des Palestiniens et multiplie les dénonciations. Le pays arc-en-ciel voit en l’Etat d’Israël un colon, perpétuant le régime d’apartheid. C’est au nom de la lutte contre le colonialisme, contre toute forme d’injustice politique, économique et sociale que l’Afrique du Sud est devenue, depuis de nombreuses années, le porte-drapeau de la lutte pro-palestinienne.