Israël organisera, dimanche, le concours Miss Univers. La candidate grecque refuse d’y participer, tandis que les Emirats et le Maroc envoient deux de leurs miss.

Après les compétitions sportives — Giro, Tour de France ou encore Trophée des Champions —, l’art est également devenu un outil de propagande pour Israël. Et alors que l’Eurovision avait eu lieu en 2019 à Tel-Aviv, l’Etat hébreu s’est cette fois adjugé l’organisation de Miss Univers. Si, dans les faits, cet événement n’est qu’un simple concours de beauté, il est devenu très politique depuis que l’on sait qu’il aura lieu en Israël. D’abord parce qu’aucun concours de Miss Univers n’a été organisé au Moyen-Orient depuis 2000. Mais surtout, parce que tout événement organisé par l’Etat hébreu implique un implicite soutien à la colonisation pour les participants.

Ce 12 décembre 2021, Miss Univers sera donc organisé à Eilat. On saura alors qui succèdera à la Mexicaine Andrea Meza. Mais déjà, les regards sont tournés vers des participantes courageuses : c’est le cas de la Grecque Rafaela Plastira. Miss Grèce a en effet annoncé son refus de se participer au concours en Israël. « Mon cœur bat pour tous ceux qui luttent pour leur vie en Israël et en Palestine et je ne peux pas monter sur scène et agir comme si de rien n’était », a-t-elle très justement affirmé, comme pour faire prendre conscience à ses concurrentes qu’une participation à cet événement n’est pas anodine.

Les Emirats et le Maroc en guest-stars

Si la Grèce enverra Sofia Arapogianni, une autre jeune femme, l’idée de boycotter le concours a également fleuri dans plusieurs pays moins surprenants : c’est le cas de l’Afrique du Sud, toujours à la pointe du combat contre la colonisation israélienne. Mandla Mandela, député et petit-fils du combattant contre l’apartheid, a appelé au boycott « d’Israël et de son régime d’apartheid ». Mais comme pour la Grèce, l’Afrique du Sud a finalement opté pour l’envoi de sa miss sur place, même si cette dernière a dit vouloir, de façon hypocrite, profiter de sa participation pour « contribuer au dialogue et à la paix ».

Mais deux pays semblent étrangement absents des débats. Et pour cause : les Emirats arabes unis, profitant du fait que la compétition se déroule en Israël, ont lancé leur concours national. Après la signature des Accords d’Abraham, un autre Etat enverra sa miss sur place : le Maroc. Une décision peu étonnante pour le royaume, qui n’avait pourtant plus participé au concours Miss Univers depuis près d’un demi-siècle. Quant à la candidate de la France, elle s’est dit dévastée : « j’ai beaucoup pleuré aujourd’hui », indique Clémence Botino. Non pas que la Française se soit rendu compte de la colonisation, mais parce qu’elle ne pourra pas participer à l’événement car testée positif au covid.