Le ministre des Finances et allié de longue date d’Angela Merkel, Wolfgang Schäuble, a appelé à un « Islam allemand », fondé sur la tolérance et le respect des libertés. Une déclaration qui surgit dans un contexte tendu par l’afflux massif de réfugiés, en grande majorité musulmans.

Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, est sorti ce week-end de sa réserve – et de son aire de prédilection – habituelles. Pour cet allié proche de la Chancelière, l’arrivée de centaines de milliers de migrants en Allemagne incite les Allemands à redéfinir leurs priorités et à déterminer les modes de vie auxquels ils aspirent. En effet, près d’un million de réfugiés originaires du Moyen-Orient et d’Afrique se sont établis outre-Rhin en 2015, un afflux considérable qui a fatalement entraîné des tensions sociales.

Et favorisé – est-ce bien surprenant ? – l’essor du parti de la droite populiste Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui réfute toute compatibilité de l’Islam avec la Constitution et les moeurs allemandes. Il est indéniable que l’installation des réfugiés est concomitante à la multiplication d’agressions commises par des sympathisants d’extrême droite à l’encontre des lieux d’accueil, notamment dans la partie orientale du pays. « Sans aucun doute, le nombre croissant de musulmans dans notre pays est un défi posé à l’ouverture d’esprit de notre société », a tenu à souligner le fidèle allié d’Angela Merkel dans les colonnes de l’hebdomadaire Welt am Sonntag.

« Nous vous voulons avec nous ! »

Celui qui pourrait se présenter comme candidat à la succession d’Angela Merkel si elle ne se représentait pas  l’année prochaine a montré qu’en raison de l’origine de la majorité des réfugiés, ses compatriotes « côtoieront de plus en plus des gens de cultures complètement différentes par rapport à avant ». En dépit des agressions sexuelles perpétrées par des migrants à Cologne et des attaques revendiquées par Daesh cet été, Wolfgang Schäuble exhorte les Allemands à réfréner leurs velléités d’amalgame.

Tout en reconnaissant que ces épisodes ont contribué à une détérioration certaine du climat social. « Nous ne devons pas, dans ce contexte tendu, faire en sorte que les personnes bien intégrées en Allemagne se sentent tout à coup étrangères », insiste le ministre de 74 ans. Il en est convaincu : la plupart des Allemands dirait, à l’adresse des réfugiés : « Oui, nous vous voulons avec nous ! » Manifestation d’optimisme béat ou de realpolitik ?

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