La fachosphère islamophobe a franchi un cap : le site Fdesouche a établi des listes de militants. Un acte plus criminel qu’il n’y paraît.

Une analyse des métadonnées de plusieurs sites de mouvements d’extrême droite a révélé des découvertes troublantes. Une liste, supposément créée par Pierre Sautarel, le fondateur de « Fdesouche », en 2019, classe des activistes, des politiciens, mais parfois aussi des personnalités, selon les accusations des internautes. Parmi ces dernières figure une catégorie « Islam » dans laquelle sont répertoriées des personnalités certainement pas assez proches de l’extrême droite. « Imam », « Conférencier », « Enseignant », « Féministe »… Les personnes listées par Fdesouche ressemble à ce que l’histoire a pu connaître pendant plusieurs périodes sombres.


Révéler les noms des « indésirables », dans le but que les militants les plus déséquilibrés se chargent de leur élimination, est une pratique pour le moins courante. Seulement, non seulement la mise ne place de telles listes est criminelle, mais elle l’est encore plus au vu du climat islamophobe qui règne en France. Les organisations d’extrême droite, encouragées par leurs représentants officieux dans les médias, ont pignon sur rue. Les musulmans qui défendraient trop la cause seraient, eux, de simples « islamo-gauchistes » qui méritent, selon Fdesouche, d’être fichés.

La violence de l’extrême droite, un phénomène sous-évalué

« Identitaire », « Français de souche »… Les qualificatifs ne manquent pas pour sous-évaluer consciemment l’impact des groupuscules fascistes en France. Un exemple flagrant est celui de Génération Identitaire. L’organisation, dissoute en mars dernier pour incitation à la haine raciale et religieuse, a trouvé de nombreux défenseurs pour retarder la décision des autorités françaises quand BarakaCity et le CCIF étaient, eux, fustigés dans les médias.

De nombreuses organisations en France brandissent fièrement des slogans racistes et xénophobes, sans que cela n’émeuve outre mesure. Au risque d’un passage à l’acte de la part de certains membres. On se souvient que la police a déjà arrêté plusieurs militants d’ultra-droite prêts à agir, armés. Quant aux terroristes d’extrême droite, ils se basent généralement sur des lectures peu recommandables. Et ce, sans oublier les dégradations de mosquées, les attaques de femmes voilées, etc. Inquiétant pour les militants ciblés par Fdesouche.

Le présumé créateur de l’une de ces listes de la mort, qui visent militants ou encore enseignants, du moment qu’ils sont musulmans, n’est pas un inconnu : Pierre Sautarel est d’ailleurs régulièrement cité par les médias et n’est que trop rarement inquiété par la justice. Son site, le journal électronique FDS, a lui aussi pignon sur rue. Les autorités s’intéresseront-elles enfin à lui et à son média, après la découverte de ces listes illégales ? Ou la réaction de la justice se résumera-t-elle à une sanction administrative tout au plus ? Dossier à suivre.