Dans la nuit de jeudi à vendredi, la faculté de droit et de sciences politiques de Montpellier a été le théâtre de scènes de violence à peine croyables. Ce matin devait être votée l’occupation de l’amphithéâtre jusqu’à une prochaine assemblée générale intersyndicale. Alors qu’ils sont une cinquantaine d’étudiants présents, une dizaine d’individus cagoulés et armés de lattes de bois et d’un taser débarquent pour s’en prendre aux étudiants protestant contre le Plan étudiants. La scène a été filmée.


Aujourd’hui, les étudiants victimes de ce groupuscule accusent le doyen de la faculté d’avoir orchestré cette action coup de poing. « Ils ont poussé tout le monde dehors, en les frappant. Le doyen de la fac de droit était présent. Je l’ai vu ouvrir la porte à ces hommes. J’ai vu les portes de la fac se refermer, avec ces hommes à l’intérieur. J’ai vu le directeur d’une institution publique s’enfermer avec un groupuscule extra violent. J’ai vu une amie au sol, en sang, avec le portail qui se referme sur ses jambes. En arrière plan, j’ai vu l’administration qui était présente sur les lieux applaudir », écrit l’une des étudiantes.

Un professeur de droit parmi les membres de la milice ?

Le doyen, de son côté, admet qu’il est « possible » qu’un professeur de droit de l’établissement ait participé à l’opération. Philippe Petel réfute être l’instigateur de cette évacuation. Dans un communiqué, les organisations syndicales affirment avoir « appris avec consternation l’intervention d’un groupe de nervis cagoulés contre des étudiants occupant un amphithéâtre de l’UFR de droit et science politique, dans le cadre de la mobilisation contre la sélection à l’Université et la réforme du bac, pour le retrait de la loi ORE. »

La Ligue des droits de l’Homme de l’Hérault écrit de son côté que « cette agression a eu lieu sous le regard, selon les témoins, du doyen de la faculté et avec l’aide, tel qu’il ressort des vidéos, des vigiles de la faculté. Au regard de la violence des images, la LDH de l’Hérault demande au procureur de la République l’ouverture d’une enquête concernant la mise en place d’une milice privée, intervenant de façon coordonnée, avec armes et violences afin d’effectuer une expulsion illicite. Il ressort des vidéos des voies de fait et des violences volontaires au sein de l’établissement universitaire. »

La LDH demande également « au président de l’Université de Montpellier d’effectuer une enquête interne et de prendre les mesures qui s’imposent. Ces violences sont inadmissibles et ne peuvent rester dans un Etat de droit, impunies. » Le syndicat Solidaires Etudiants est, lui, plus direct : il exige le renvoi du doyen de la fac de droit qui, selon plusieurs témoins, aurait encouragé les actes de violence.