Et ce n’est pas la première et a priori ni la dernière ! Michel Onfray, philosophe de son état, a encore récidivé dimanche 1er juin sur son fil Twitter en publiant le message suivant : « Mehdi Nemmouche le tueur antisémite de Bruxelles : à quand la grande manifestation de musulmans pour se désolidariser de cet islam là ? ».

Laissons de côté un instant le personnage, et examinons le tweet uniquement. Il y a plusieurs reproches à faire à l’intellectuel qui n’est pas si honnête que cela.

Cinq reproches au tweet islamophobe de Michel Onfray

Premièrement, Onfray ne met pas de majuscule à Islam, il y en aurait donc plusieurs selon lui. Le mauvais et le bon. Pourtant, il le sait très bien, l’Islam se base sur deux socles fixes, le Coran et la Sunna. Il n’y a pas plusieurs Islam. Nous pouvons en effet lui accorder le fait qu’il y ait de nombreuses interprétations, mais certainement aucune qui ne justifie le meurtre d’innocents.

Deuxièmement, et toujours dans cette même logique, Onfray parle de son souhait de voir une communauté se désolidariser « de cet islam-là ». Autrement dit, il désigne des millions de personnes appartenant à différents milieux sociaux, sous le terme générique de musulmans, comme s’ils constituaient une unité à la fois religieuse, culturelle, mais aussi politique. Et c’est là que le bât blesse, puisque le philosophe écarte la dimension sociologique. Les musulmans constitueraient une entité, un bloc, solidaire de tout ce qu’un autre musulman ferait, en bien ou en mal … De quel droit le fait-il ?

Troisièmement, selon lui, seuls les musulmans devraient faire part de leur dégoût. Mais n’est-ce pas la communauté humaine dans son ensemble ? Dire non à la violence et se désolidariser de l’extrémisme doit être une obligation pour tout être humain, dans l’objectif essentiel du vivre ensemble et du vivre en paix.

Quatrièmement, le célèbre pamphlétaire français insinuerait-il que le crime commis serait de la responsabilité de tous les musulmans, parce que son auteur est musulman (ou se prétend l’être) ? Nous avons ici affaire à l’éternel amalgame dont souffrent les musulmans. Comme si la violence était l’apanage des musulmans, alors que la religion et notre prophète prescrivent la paix.

Cinquièmement, faut-il recourir à l’injonction de désolidarisation comme si cette dernière ne se réalisait pas en permanence au quotidien ? Alors qu’une majorité de musulmans se désolidarise des violences ou des appels à la violence ?

Onfray : le porte-drapeau islamophobe

Ainsi, les « musulmans » d’Europe selon Onfray seraient tous des Merrah ou des Nemmouche en puissance ou, du moins, leurs complices. La preuve, ils ne manifesteraient pas contre leurs agissements. La ficelle est grosse, mais il croit qu’elle est efficace !

Appeler à une « grande manifestation de musulmans » comme le fait Onfray, c’est insister sur notre prétendue altérité, c’est continuer à vouloir faire de nous des êtres à part en laissant entendre que nos valeurs, notre manière de voir le monde, de différencier le bien du mal seraient différentes du reste de l’humanité.

Il y aurait donc une conscience universelle et une conscience musulmane qui se désolidariserait du reste ? Si la barbe ne fait pas le philosophe l’islamophobie racoleuse d’Onfray le fait encore moins …

Salma Ben Taïeb

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