« Les visites d’individus ou d’organisations (dans les camps de migrants) seront reportées pour au moins 14 jours », précise le communiqué du ministère des migrations.

Seul le personnel (des centres d’hébergement) sera autorisé à entrer dans les camps. Les demandeurs d’asile sont par ailleurs priés de ne sortir qu’en cas d’urgence durant cette période.

« La température de tous les nouveaux arrivants sera obligatoirement vérifiée », ajoute le ministère.

Deux fois par jour, des informations dans plusieurs langues (arabe, farsi, anglais, français, grec et dans d’autres langues avec des interprètes) seront communiquées aux demandeurs d’asile.

Les lieux communs et les portes d’entrée seront quotidiennement nettoyés et désinfectés, est-il également précisé dans le communiqué ministériel.

Des dizaines de milliers de migrants vivent dans des camps, souvent surpeuplés, sur le continent et sur les îles de la mer Egée.

Les conditions sordides et « indignes » dans les camps situés sur les cinq îles de la mer Egée, portes d’entrée principales des migrants en Europe en provenance des côtes turques voisines, ont été à plusieurs reprises dénoncées par des ONG ainsi que  l’agence onusienne du Haut commissariat des Réfugiés (HCR).

L’organisation Médecins sans frontières (MSF) a demandé la semaine dernière « l’évacuation urgente des camps » compte tenu des circonstances.

Lundi, une fillette de six ans est morte dans un incendie qui s’est déclaré dans le camp de Moria sur l’île de Lesbos, l’un de plus surpeuplé en Europe.

Selon la commissaire du Conseil de l’Europe Dunja Mijatović, ce drame « illustre d’une manière tragique le besoin urgent d’améliorer les conditions de sécurité et d’hygiène sur les îles de la mer Egée ».

Elle a appelé les autorités grecques à « agir immédiatement pour empêcher d’autres drames et planifier la décongestion des îles ».

L’ONG Human Right Watch a appelé mardi le gouvernement grec à « lever la suspension de la procédure de l’octroi d’asile », décrétée par Athènes le 1er mars après la décision de la Turquie d’ouvrir ses frontières.

« Des forces de sécurité grecques et des personnes non identifiées ont détenu, harcelé sexuellement, volé et dépouillé des demandeurs d’asile et des migrants avant de les obliger à rentrer en Turquie », a dénoncé HRW.

Cette ONG a également déploré le soutien de l’UE au gouvernement grec, en se félicitant de la façon dont « la Grèce avait agi en tant que +bouclier+ pour protéger les frontières européennes ».

« Sans la pression européenne pour faire arrêter ces dérives épouvantables, le cycle de violences va se poursuivre », a averti la HRW.

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