Deux semaines après le début de Nuit Debout, la droite estime qu'il faut cesser les manifestations. Du mépris, alors que seule MKN estime qu'il faut écouter les Français mécontents.

Initié pour protester contre la loi Travail, Nuit Debout réunit les Français, chaque soir depuis le 31 Mars. On y débat désormais de logement, de la sécurité, de chômage et de politique. Le tout sur fond de ras-le-bol général…

« Pathétique. » Voilà ce que pense Jean-François Copé de Nuit Debout. « C’est tellement pathétique de voir cela. (…) Les indignés, là, qui font le siège place de la République… », affirme l’ancien ministre, face aux revendications qui ont eu lieu place de la République à Paris et dans d’autres villes de France et d’Europe : « Une poignée de personnes sans doute très respectables mais tellement déconnectées de la réalité ? », questionne-t-il. Avant d’affirmer : « Je vois des gens qui, lorsqu’ils parlent de ces manifestants, ne se sentent pas du tout solidaires mais plutôt choqués. »

Un Jean-François Copé qui n’est pas le seul à ne pas comprendre le mouvement. « Il y a un côté réactionnaire à dire on revient en arrière, on ne change rien », estime Jean-Christophe Lagarde. Quant à François Fillon, il se dit « choqué » que l’on puisse manifester en plein état d’urgence. Il dénonce le « spectacle des policiers insultés par les manifestants alors qu’il y a deux mois la France communiait avec sa police » et dénonce que les manifestants soient « extrêmement minoritaires. » Même son de cloche du côté de Bruno Le Maire, qui « souhaite qu’il n’y ait pas (…) de dictature de la minorité dans notre pays. Chacun mérite l’écoute, chacun mérite le respect, mais pas de dictature de la minorité », assure-t-il, demandant que les manifestant cirent leur colère « sans que ça puisse gêner ceux qui souhaitent travailler, ceux qui souhaitent passer leurs examens dans de bonnes conditions. » A droite, seule Nathalie Kosciusko-Morizet estime qu’« il faut aller place de la République. » Selon NKM, « le monde a changé. Il faut que la politique change aussi. » Et le mépris de la droite à propos de Nuit Debout illustre le décalage qui existe aujourd’hui entre les Français et les dirigeants. Près de 9 Français sur 10 n’ont pas confiance en leurs dirigeants. Et ces derniers le leur rendent bien…

Pierre Z. Lajarge

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