En proposant un menu sans porc, les cantines lyonnaises ont augmenté leur fréquentation. Le tout, sans mettre à mal la laïcité.

En Rhône-Alpes, on propose dans les écoles des menus alternatifs depuis 2008. Conséquence : les élèves sont revenus en nombre dans les cantines de la région.

A l’heure où le conseil municipal de Chalon-sur-Saône vient d’entériner sa décision, le 29 septembre dernier, de mettre fin aux menus de substitution dans les cantines scolaires de la ville, et alors que la Ligue de défense judiciaire des musulmans de Karim Achoui a déposé un nouveau recours, la région Rhône-Alpes continue, elle, une expérience unique en France : proposer à ses élèves des menus alternatifs. A contre-courant des villes comme Perpignan, les cantines des écoles publiques de Lyon jouent le jeu de la laïcité.

Une fréquentation en hausse

Les parents des élèves de la région lyonnaise reçoivent en effet, en début d’année, une liste à renvoyer à l’administration, donnant les aliments autorisés et interdits pour leurs enfants. Et avec les repas sans viande, qu’elle sert depuis 2008, la ville a résolu la question des menus de substitution au porc… sans s’aventurer sur le terrain religieux ! « Notre ambition, c’est de proposer des repas variés, nutritionnellement adaptés aux enfants, qui correspondent au plus grand nombre sans entrer dans les convictions individuelles des familles », indique l’ajointe au maire en charge de l’Education, Anne Brugnera.

Et le menu sans porc ne concerne pas qu’une toute petite minorité d’élève. Et pas exclusivement des musulmans ou des juifs. En effet, parmi les 26 000 repas fournis quotidiennement aux écoles, 9 000 ne contiennent pas de viande mais d’autres sources de protéines : « 50 % des menus sont réalisées à base de poisson, 25 % à base d’œufs et 25 % à base de produits végétaux », explique le directeur de la cuisine centrale de Lyon. Résultat : les parents n’hésitent plus à envoyer leurs enfants à la cantine : à Lyon, 85 % des élèves de l’école élémentaire mangent à la cantine, contre 63 % en moyenne en France. CQFD.

A Lyon, une cantine scolaire teste déjà les repas de substitution végétariens (ici)

Yassine Bannani

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