Lors du deuxième jour du forum organisé au siège des Nations Unies à New York à l’occasion des cinq décennies d’occupation israélienne, le directeur de l’ONG israélienne B’Tselem, Hagai El-Ad, n’a pas hésité a fustigé l’Etat israélien en affirmant entre autres que le pays tente de minimiser les critiques internationales envers sa politique en les qualifiant d’antisémites. Hagai El-Ad a accusé le gouvernement israélien d’être « prêt à saboter la véritable lutte contre l’antisémitisme pour préserver l’occupation avec des répercussions minimales de la communauté internationale ». Avant d’ajouter que « les Palestiniens qui s’opposent à l’occupation sont des terroristes, les Israéliens qui s’opposent à l’occupation sont des traîtres, et ceux qui, au sein de la communauté internationale, s’opposent à l’occupation sont bien sûr antisémites ». Et l’homme sait de quoi il parle : son association a été décrite comme « marginale et déconnectée » de la réalité par le Premier ministre en personne, Benyamin Netanyahu. La raison est simple : Hagai El-Ad n’a pas hésité à critiquer à plusieurs reprises la colonisation israélienne, et a été pour cela été insulté et menacé de mort. « Beaucoup m’ont traité de traître et ont appelé à mon exécution », a-t-il confié lors d’une interview.

Terroristes, traîtres ou antisémites

Et l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations Unies, Danny Danon, a même tenté d’en faire la démonstration. Dans un communiqué, il accuse l’organisation internationale de « connivence avec les partisans du terrorisme qui cherchent à nuire à Israël » en accueillant ce forum en association avec des organisations qui, selon Israël, ont des relations avec des organisations terroristes palestiniennes connues. « Il est incompréhensible que les financements de l’ONU soutiennent des organisations qui aident les terroristes et incitent à la violence contre Israël », a-t-il conclu. Lors de ce fameux forum, la députée de la liste Arabe unie Aida Touma-Sliman en a profité pour prévenir qu’Israël était « un pays qui développe d’évidents signes d’apartheid ». Avant de préciser qu’« il ne peut pas y avoir de démocratie avec l’occupation, il ne peut pas y avoir de justice sociale avec l’oppression de tout un peuple » et d’appeler les Etats membres onusiens à « exercer une pression importante sur Israël » pour espérer préserver l’avenir d’une solution à deux Etats.