L’embarcation affrétée par cette organisation et dirigée par la capitaine allemande Bärbel Beuse a quitté lundi soir le port espagnol où elle se trouvait pour des réparations depuis deux mois et devrait atteindre la zone de secours et de recherche au large des côtes libyennes « vraisemblablement ce week-end », a précisé l’organisation dans un communiqué lundi soir.

L’ONG table sur « de grosses difficultés à trouver un port sûr pour débarquer si on en vient effectivement à une opération de secours » en raison de la pandémie de nouveau coronavirus qui frappe l’Europe, tout particulièrement l’Italie où débarquent en général les personnes secourues en mer.

« Nous avons suffisamment de matériel de protection personnelle pour notre équipe à bord et un plan de gestion en cas d’apparition de la maladie sur le bateau », a assuré Jan Ribbeck, qui dirige la mission sur le Alan Kurdi, cité dans le communiqué.

Sea Eye a précisé que depuis des semaines aucune ONG n’a réussi à envoyer un bateau humanitaire en opération, notamment en raison de la fermeture des frontières qui ne permet pas aux équipages et équipes de bénévoles de rejoindre les ports où se trouvent ces bateaux.

Par conséquent, « le Alan Kurdi est le seul bateau humanitaire en route pour la zone de recherche et de sauvetage libyenne », a-t-elle assuré.

« C’est quasiment un miracle que nous puissions mettre sur pied une équipe, l’entraîner et la préparer à ces conditions particulières », a expliqué Gorden Isler, président de Sea Eye.

Deux autres bateaux humanitaires se trouvent actuellement toujours à quai: le Ocean Viking de l’ONG SOS Méditerranée et l’Open Arms de l’ONG espagnole éponyme.

En 2019, l’Organisation internationale des migrations (OIM) a recensé 1.283 décès connus en Méditerranée, la route centrale entre l’Afrique du Nord et l’Italie étant la plus mortelle. Au moins 19.164 migrants auraient péri dans les flots au cours des cinq dernières années.