Arrêté début décembre après une publication virulente visant le roi du Maroc, Mohamed Boudouh, âgé d’une quarantaine d’année, a été condamné à Khemisset (ouest) pour « offense aux institutions constitutionnelles et incitation à la haine », selon son avocat Me Hassan El Tas, joint par l’AFP.

La condamnation de cet homme qui se filmait dans une petite épicerie de quartier s’inscrit dans une série de sanctions judiciaires visant les réseaux sociaux.

Lundi, un jeune de 22 ans a écopé de deux ans ferme à Tétouan (nord) pour « offense à fonctionnaires » après un direct Facebook, selon son avocat Ahmed Benabdelouhab. Saïd Chakor s’est filmé pendant qu’il attendait de recevoir des soins dans un hôpital, en insultant les services médicaux et le roi du Maroc.

Fin décembre, la justice marocaine avait condamné un rappeur de 19 ans connu sous le nom de « Stalin » à quatre ans de prison ferme pour « offense aux institutions constitutionnelles », selon sa famille. Ce jeune de Laayoune (Sahara occidental) a publié sur Youtube un titre, « Fhemna » (« On a compris » en dialecte marocain) dénonçant notamment le chômage et le pouvoir « dictatorial ».

Quelques jours plus tôt, le youtubeur « Moul Kaskita », célèbre au Maroc, avait lui aussi été condamné à quatre ans de prison ferme à Settat (ouest) pour une vidéo sur sa chaîne Youtube comprenant des « injures à l’encontre des Marocains et des institutions constitutionnelles ». Il critiquait lui aussi le roi Mohammed VI, dont la personne est « inviolable » selon la Constitution.

Fin novembre, le rappeur Gnawi, avait été condamné à un an ferme pour « outrage à fonctionnaire public », peu après la diffusion de son titre « Vive le peuple » (« Aach al chaab », en dialecte marocain). Sa chanson qui cumule 21 millions de vue sur Youtube reprend des slogans scandés dans les stades contre « l’injustice » et « l’accaparement des richesses » mais surtout attaque le roi.

L’arrestation récente d’un journaliste de 33 ans pour un tweet critique sur la justice marocaine a focalisé en fin d’année l’indignation au Maroc et au-delà. Dans ce tweet publié en avril, Omar Radi fustigeait le verdict d’un magistrat contre des membres du « Hirak », le mouvement de contestation ayant agité le nord du Maroc en 2016 et 2017. Son procès doit reprendre le 5 mars