Interviewée hier par la BBC, Marine Le Pen est revenue sur les nouveaux horizons qui s’ouvrent pour elle après la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. Une lame de fond, selon elle, enclenchée par le rejet du traité de Maastricht et poursuivie avec le Brexit.

Interviewée hier dans l’émission politique dominicale de la BBC, The Andrew Marr Show, Marine Le Pen a fait part de son optimisme et de l’enthousiasme générés par l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, la semaine dernière. Une victoire annonciatrice, a-t-elle déclaré, de « l’édification d’un nouveau monde », soulignant que les dernières consultations – électorales ou référendaires – étaient autant de victoires « contre la mondialisation débridée qui nous a été imposée (…) et qui, aujourd’hui, a clairement montré ses limites ».

La leader du Front National (FN) considère la victoire de Trump comme « celle du peuple contre l’élite ». Et elle a exprimé son espoir de voir ce succès réitéré en France en mai prochain. « Clairement, la victoire de Donald Trump est une pierre supplémentaire apportée à la construction d’un nouveau monde, destiné à remplacer l’ancien », a-t-elle martelé. Pour elle, le magnat « a rendu possible ce qui a été présenté comme impossible ». Le Pen prévoit et justifie d’ailleurs son propre succès à l’élection présidentielle française par l’avènement d’une « révolution mondiale », qui englobe non seulement l’accession de Trump à la Maison Blanche, mais aussi la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne par le référendum de juin dernier et le rejet du Traité de Maastricht par la France en 2005.

Vladimir Poutine, « un modèle que j’aime »

Ce qui a amené la candidate frontiste à opérer une transition directe vers le nationalisme recrudescent en Europe, symptôme selon elle du besoin des peuples de s’occuper d’eux-mêmes et d’arrêter « de prendre en charge la pauvreté du monde ». A l’instar du président élu américain, elle a confirmé que « nous n’allons plus accueillir davantage de gens. Stop, nous sommes complets ! ». Interrogée par Andrew Marr sur la possibilité que les musulmans soient de bons citoyens français (sic), elle a répondu : « Je ne juge pas les gens sur leur religion mais je les juge sur leur façon de respecter la Constitution française. » Elle a menacé « d’agir » si « certains refusent de se conformer à la loi française, à nos valeurs et à nos modes de vie ». Pour Marine Le Pen, le prochain scrutin présidentiel donnera aux Français le choix entre « une société multiculturelle (…) où le fondamentalisme musulman progresse » et une « nation indépendante, avec un peuple capable de contrôler son propre destin ».

A cet égard, elle ne dissimule pas au journaliste sa proximité d’avec Vladimir Poutine, dont il n’y a aucune raison d’avoir peur pour les Européens. Elle considère le président russe comme un partenaire stratégique incontournable pour asseoir la puissance et l’indépendance du continent européen. « Nous ferions mieux, si nous voulons une Europe forte, de négocier avec la Russie et conclure avec elle des accords commerciaux et de coopération. Car  pour Le Pen, ce sont les Etats-Unis – et non pas la Russie – qui, jusqu’à présent, déstabilise l’Europe. Et le président russe semble même faire figure d’exemple pour la candidate de l’extrême droite : « Le modèle que défend Vladimir Poutine – celui de la raison, du protectionnisme, de la recherche des intérêts de son pays et de la défense de son identité – est un modèle que j’aime ».

 

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