A Mayotte, Manuel Valls a demandé qu'Islam et démocratie soient compatibles. En 2002, il interdisait l'ouverture d'un supermarché halal.

Après avoir foulé le sol Réunionnais jeudi et vendredi, Manuel Valls était à Mayotte, où 95 % de la population est musulmane, samedi 13 juin. Le Premier ministre a appelé à un islam « compatible avec la démocratie. »

Décidément, les liens entre Islam et démocratie intéressent au-delà des Républicains… « L’islam est ancré depuis des siècles à Mayotte, il est tolérant, ouvert, pleinement compatible avec nos valeurs et la République », a poursuivi le Premier ministre, opposant à demi-mots l’Islam mahorais à l’Islam en France. « L’islam a toute sa place en France, en Europe. C’est un grand défi des années qui viennent : faire la démonstration que l’islam est totalement compatible avec la démocratie, avec la République, avec l’égalité des hommes et des femmes, avec le dialogue », a cependant tenu à rassurer le Premier ministre.

Manuel Valls serait-il devenu un fervent défenseur de la République et de la laïcité ? Oui, à en croise sa conclusion : « Que la France qui a organisé la séparation entre l’État et les Églises, que la France identifiée à la laïcité et à la République soit celle qui porte ce message de tolérance et de compréhension, c’est essentiel », a-t-il martelé. Rappelons qu’en 2002, alors qu’il était encore maire d’Evry, Manuel Valls s’était fermement opposé à l’ouverture d’un rayon halal dans un supermarché Franprix. Le futur Premier ministre avait argué : « Si même le Franprix se spécialise, c’est le signe qu’il vaut mieux que tous ceux qui ne mangent pas halal quittent le quartier. »

Une décision contraire à la Constitution française

Et de poursuivre : « Si on ne fait rien, si on accepte un échelon supplémentaire dans la spécialisation, le quartier va devenir un ghetto. » Le maire d’Evry, qui avait menacé d’envoyer dans ce supermarché « tous les pouvoirs de police » dont il disposait, si le rayon halal était mis en place, était alors bien loin des préceptes de la France… L’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 indique en effet que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » Quant à l’article 1 de la Constitution française de 1958, « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. (…) Elle respecte toutes les croyances. » C’est notamment ce qui permet à Bernard Cazeneuve de dire que la laïcité « n’empêche pas » le halal dans les cantines.

Si le Premier ministre Manuel Valls prône, lui, aujourd’hui le dialogue, il n’a pas toujours été si ouvert à la discussion et au respect des règles républicaines…

À Mayotte, Manuel Valls appelle à un islam « compatible avec la démocratie » (ici)

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