En visite en Israël et en Palestine, le Premier ministre français a demandé aux deux pays de participer à l'initiative de paix parisienne et exhorté Israël à stopper la colonisation.

En visite en Israël et en Palestine, Manuel Valls a balayé la menace de reconnaissance automatique de l’Etat palestinien, tout en condamnant la colonisation israélienne.

Ce gouvernement souffle décidément le chaud et le froid… Alors que, fin 2014, l’Assemblée nationale avait voté la reconnaissance de l’Etat palestinien — une décision purement consultative, qui n’engageait en rien le gouvernement —, en janvier dernier, Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, avait indiqué que si l’initiative de paix lancée par Paris n’aboutissait pas, la France reconnaîtrait l’Etat de Palestine au bout de dix-huit mois. Mais Manuel Valls a fait un pas en arrière. « Dire aujourd’hui quand nous reconnaîtrons l’État palestinien, c’est acter par avance l’échec de notre initiative », a déclaré le Premier ministre en Israël.

Stopper la colonisation : un « impératif »

Mais Manuel Valls a cependant laissé transparaître un peu d’espoir dans ses déclarations. Au quotidien palestinien Al-Ayyam, le socialiste a indiqué que mettre fin à la colonisation israélienne dans les territoires occupés était un « impératif. » « L’objectif, c’est d’aboutir à la création d’un Etat palestinien, a rassuré le Premier ministre. C’est de permettre que votre aspiration nationale puisse enfin se concrétiser. » Manuel Valls a indiqué : « Nous allons mobiliser toute notre énergie pour tenter de faire progresser votre projet national, aux côtés d’Israël dont nous devons par ailleurs garantir la sécurité. »

Manuel Valls s’est inquiété de la tournure que prend la colonisation israélienne… « Plus le temps passe, plus la viabilité d’un Etat palestinien s’estompe sous l’effet d’une colonisation qui se développe », a-t-il affirmé, avant d’indiquer qu’« on ne peut pas vouloir à la fois discuter de la paix, être sincère dans la négociation et continuer dans le même temps à pratiquer le fait accompli sur le terrain. » Des déclarations qui font suite à l’accueil peu chaleureux de la part de Netanyahu, qui est hostile à l’initiative française et qui pourrait boycotter la rencontre à Paris avec les Palestiniens, prévue à la fin de l’année.

Yassine Bannani

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