Manuel Valls a été nommé membre du comité d’honneur de la LICRA. Un mariage qui étonne peu tant l’antiracisme est une valeur abstraite pour l’association et pour l’ex-Premier ministre.

« Belle image d’Évry ! Tu me mets quelques Blancs, quelques whites, quelque blancos ! » En pleine campagne pour la primaire socialiste en 2009, Manuel Valls choquait les socialistes avec une phrase raciste. En visite dans un marché d’Evry, celui qui était alors le maire de la ville trouvait sa population un peu trop bigarrée. Depuis, le socialiste a glissé vers La République en marche. Et vers l’ostracisation des minorités.

En 2013, Manuel Valls avait, alors qu’il était à l’Intérieur, lâché des propos discriminatoires envers les Roms : les membres de cette communauté, disait-ils, « ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation » et « les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie ». Devenu Premier ministre, Valls avait été poursuivi pour provocation à la discrimination raciale à l’encontre des Roms. La justice s’estimant incompétente pour le juger, il avait finalement été… blanchi.

Des actes et des mots qui montrent ce qu’est vraiment Manuel Valls. On est loin de ses discours antiracistes. Au moment de lancer la DILCRA, il avait débloqué un joli budget pour lutter contre les discriminations. Puis il avait indiqué vouloir « organiser le sursaut » dans une France « travaillée par le populisme ». Ce qui l’avait amené à parrainer le Printemps républicain, groupuscule islamophobe et à l’origine de nombreux harcèlements.

Voilà un palmarès suffisant pour rejoindre aujourd’hui la LICRA. Cette « Ligue internationale » n’a d’antiraciste que le nom. Ces dernières années, l’association a multiplié les sorties racistes : comme lorsqu’elle a publié, sur son compte Twitter, une caricature en référence à l’affaire Mennel. Ou en affirmant en 2015 que l’islamophobie est une simple critique de l’islam, et est donc autorisée.

Manuel Valls fait donc aujourd’hui partie du comité d’honneur de la LICRA. Si cette dernière rappelle qu’il « succède notamment à Simone Veil », on est loin du combat de celle-ci. La LICRA ose saluer « son engagement contre le racisme et l’antisémitisme, notamment lors des attentats de 2015 » et « son courage à défendre la laïcité et la fraternité ». C’est bien mal connaître la carrière et les propos d’un Manuel Valls qui tente aujourd’hui un retour, par la petite porte, en France après son échec barcelonais.