D’après le département de développement islamique malaisien, le marché mondial de la nourriture halal devrait croître de 698 mds de dollars en 2012 à 830 mds en 2016. Les industriels malaisiens comme ceux de ses proches voisins thaïlandais rivalisent pour accaparer des parts de ce marché en plein essor. Les organismes certificateurs sont les premiers à s'organiser.

D’après le département de développement islamique malaisien, le marché mondial de la nourriture halal devrait passer de 698 mds de dollars en 2012 à 830 mds en 2016. Les industriels malaisiens comme ceux de ses proches voisins thaïlandais rivalisent pour accaparer des parts de ce marché en plein essor.

Les organismes certificateurs mieux organisés afin de répondre à la demande grandissante

Afin d’accompagner leurs industries agroalimentaires, la Malaisie et la Thaïlande ont renforcé leurs organes certificateurs. La demande pour des produits certifiés halal est en effet en pleine croissance. Ceci est dû au fait que les produits agroalimentaires ne sont plus produits exclusivement par des musulmans. Au contraire, ce sont de plus en plus des non-musulmans qui produisent, comme c’est le cas pour la Thaïlande où les bouddhistes sont majoritaires. La récente affaire sur les traces d’ADN porcines retrouvées sur les barres chocolatées Cadbury est l’exemple de ce qui est en jeu ici.

« Les définitions sont en train de changer profondément. Dans le passé, les pays arabes n’auraient jamais demandé de logo halal estampillé sur les boites de conserves de thon car ils pensaient que le thon était naturellement halal, » rapporte Dr Winai Dahlan, directeur du Halal Science Centre de l’Université thaïlandaise de Chulalongkorn. « Mais maintenant, il existe une nouveau raisonnement selon lequel chaque ananas doit être vérifié comme étant halal. »

Selon le Dr Winai, cette approche, qui demande plus de contrôle et de gestion de la production par les industriels, a été encouragée par l’Institut de Standardisation et de Métrologie pour les Pays Islamiques (SMIIC). Le but du SMIIC étant de créer des standards communs aux 300 organismes de certification halal qui travaillent dans plus de 125 pays. La plupart de ces organismes sont des organisations non-gouvernementales dont des associations créées par des groupes minoritaires musulmans.

Indonésie : premier marché halal

D’après le ministère de l’industrie et du commerce international malaisien, le pays a exporté 10 mds de dollars de produits en 2013, dont 40% pour le secteur agroalimentaire. Les biens alimentaires et les boissons produits par la Thaïlande ont effectué la même performance que son voisin malaisien. La Malaisie et la Thaïlande occupent ainsi la cinquième place du classement des exportateurs de produits halal, derrière le Brésil, les Etats-Unis, l’Inde et la Chine.

La majorité des exportations est expédiée vers les membres de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), dont l’Indonésie, avec ses 214 millions de consommateurs musulmans, est le principal marché. Les ventes à destination des Emirats Arabes Unis, de l’Arabie Saoudite et de l’Egypte sont également importantes ; la part des ventes vers la Chine est aussi en constante augmentation.

Face à la multiplication des affaires frauduleuses, les organismes de certification s’organisent

Reflétant les aspirations malaisiennes de devenir un centre halal névralgique, le Troisième Master Plan industriel (2006-2020) a permis la création de « Parcs halal » où certificateurs, industriels et opérateurs logistiques jouissent d’avantages variés, dont des subventions gouvernementales. Dans le même temps, la Thaïlande souhaite établir une large zone industrielle dédiée au halal. Celle-ci serait située à proximité de la frontière malaisienne afin de pouvoir exporter plus efficacement vers la zone de marché commun de l’ASEAN qui sera lancée l’année prochaine.

D’après le Dr Winai, « le plus gros potentiel est pour l’exportation de produits finis contenants des fruits, des légumes et des produits de la mer. Ce sont les entreprises de tailles moyennes qui en profiteront le plus. »

Les investissements dans des machines spéciales ne sont généralement pas nécessaires pour que les industriels conventionnels transforment une partie de leur moyens de production vers le halal. Le défi principal sera la gestion de la chaine d’approvisionnement et la séparation stricte entre chaine de production halal et non-halal. Dr Winai a souligné qu’il était rapide et peu onéreux d’obtenir le logo certifié halal. De plus, le Centre scientifique halal Thaïlandais possède des laboratoires derniers cris et l’un meilleurs centre de base de données au monde. Ces outils permettent la traçabilité des produits halal et éviteront, à l’avenir, les cas de contamination avec des produits non-halal. Selon le Dr Winai, un véritable cas « Cadbury », où des traces d’ADN porcin avait été suspectées, n’est pas prêt d’arriver en Thaïlande.

« Tandis que les consommateurs musulmans ont le droit d’être très sensibles aux problèmes de traces d’ADN porcines, ils devraient également être tenus informés sur la façon dont la certification halal est implantée et sur la manière dont la contamination croisée peut se produire sur des produits halal. » rapporte Suhaimi bin Mohammed Yusof, assistant directeur du département malaisien du développement Islamique (JAKIM). Selon lui, l’affaire des chocolats Cadbury a été résolue grâce à l’action de JAKIM qui a testé en laboratoire les chocolats incriminés. Cette affaire a également permis une meilleure coordination des organismes certificateurs et des laboratoires de contrôle. De fait, cet incident a amélioré la notoriété des organismes certificateurs Malaisiens.

Source : ici

Crédit photo : yodersmeatandcheese.com

Yassine Bannani

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