En plein débat sur le burkini en France, des députés koweitiens proposent, eux, d'interdire le maillot de bain sur les plages.

Cinq députés koweitiens veulent interdire le maillot de bain sur leurs plages. Une décision qui fait polémique dans ce petit royaume du Golfe.

Décidément, la France et le Koweït ont de nombreux points communs. Après un accord commercial passé entre les deux pays concernant la vente d’hélicoptères au pays du Golfe pour la somme d’un milliard d’euros, le petit royaume fait à nouveau parler de lui. Selon l’AFP, cinq députés islamistes koweïtiens ont en effet présenté, ce lundi, une proposition qui prévoit un an de prison pour les femmes arpentant les plages en maillot de bain, ainsi qu’une amende de 3 500 dollars. Ces députés aimeraient également que les femmes portant des décolletés et qui se comportent de manière « indécente » risquent la même peine.

Au Koweït, on dénonce une loi anticonstitutionnelle

Une « indécence » qui ressemble étrangement à l’atteinte aux « bonnes mœurs » dressée par certaines municipalités françaises qui ont décidé d’interdire le burkini. Au Koweït comme en France, on légifère donc sur les tenues des plagistes. Si, au pays de Molière, on met en avant la laïcité pour interdire le burkini, au Koweït, c’est le conservatisme qui prime. Mais dans les deux pays, les mêmes questions se posent. Dans le pays du Golfe, une députée estime que la proposition de loi pour interdire le maillot de bain est « une violation de la Constitution » et une « mesure discriminatoire. »

La loi proposée par les cinq députés islamistes pourrait ainsi être bloquée avant une éventuelle adoption. En effet, Les commissions parlementaires, puis par la Chambre et le chef de l’Etat doivent valider le projet de loi pour que l’interdiction du maillot de bain soit effective. Les élus du pays ne comprennent pas pourquoi le Koweït, qui n’impose aucune restriction vestimentaire aux femmes, déciderait de légiférer sur les tenues de plage. Pendant ce temps, au pays des droits de l’Homme, sept mairies ont déjà publié des arrêtés municipaux interdisant le burkini.

Yassine Bannani

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