La question des relations entre le Maroc et l’Algérie a été au centre du discours annuel du trône du roi Mohammed VI ce samedi 31 Juillet.

Dans une adresse inédite directe au Président Algérien, le souverain chérifien a appelé ce dernier à reprendre le dialogue et à rouvrir les frontières entre les deux pays, closes depuis le début des années 90. Les deux pays connaissent une montée de tensions diplomatiques inédite depuis quelques semaines, et entretiennent de manière structurelle des relations tendues, notamment sur le dossier du Sahara Occidental.

Une riposte marocaine au Coronavirus considérée comme « exemplaire »

En entame de son discours, Mohammed VI a d’abord brossé un portrait de la riposte marocaine face au coronavirus, incluant la mise en place très tôt d’un vaste filet socio-économique, d’un bouclier sanitaire complété récemment par la fabrication de vaccins, ainsi que l’adoption de réformes de fond telle que la généralisation de la protection sociale ou la création d’un fonds stratégique d’investissement.

Considéré par de nombreux experts comme l’un des pays ayant poursuivi une stratégie exemplaire face à la Pandémie, le Maroc a pu en effet garder la situation sanitaire sous contrôle et limiter les dégâts économiques. Il est de surcroit favorisé en 2021, comme l’a rappelé Mohammed VI dans son discours, par une année agricole exceptionnelle, ce qui lui permet d’espérer une croissance de qui friserait les 6% en 2021.

Sur le plan géopolitique, le souverain marocain a désormais érigé en priorité le rétablissement de bonnes relations avec l’Algérie, remettant ainsi au centre de l’agenda la question de l’intégration maghrébine. L’Afrique du nord, du fait notamment de la mésentente entre le Royaume Chérifien et Alger est en effet l’une des régions les moins intégrées au Monde, et ce sur quasiment tous les plans : économie, commerce, industrie, logistique, transport, etc.

Selon de nombreux spécialistes, une meilleure intégration du Maghreb permettrait aux pays qui le composent de gagner 1 à 2 points de croissance additionnels par an.

Le Roi du Maroc a notamment mis en cause la fermeture des frontières. « Leur fermeture heurte un droit naturel et un principe juridique authentique, consacré par les instruments internationaux, notamment le Traité de Marrakech, texte fondateur de l’Union du Maghreb Arabe qui prévoit la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux entre les pays constitutifs de l’espace maghrébin. Je n’ai eu de cesse, depuis 2008, de clamer haut et fort cette idée et de la réaffirmer à maintes reprises et en diverses occasions », a-t-il rappelé dans son discours.

Solidarité maghrébine pour contrecarrer la pandémie

Il faut dire que le Maroc ne lésine pas sur les moyens pour faire acte de solidarité auprès des pays voisins. En application des instructions Royales, le Royaume s’est mis en ordre de marche pour épauler les autorités tunisiennes suite à la résurgence du virus. En effet, une aide médicale a été envoyée en urgence le 13 juillet. En effet, pas moins de 12 avions des Forces Royales Air (FRA) sont arrivés en Tunisie, transportant plus de 134 tonnes et 689 kilogrammes d’aides médicales, composées de deux unités de réanimation complètes et autonomes, dotées d’une capacité totale de 100 lits, en plus de 100 respirateurs et deux générateurs d’oxygène d’une capacité de 33 m3/heure chacun.

Une réponse tangible et réelle aux besoins du système de santé dans ce pays maghrébin, face à l’aggravation de la situation épidémiologique en Tunisie, à l’heure où le bilan des décès lié aux cas Covid-19 pour le mois de juillet a connu un pic sans précédent depuis le début de la pandémie en Tunisie, soit un nombre de 3.973 décès, selon les chiffres publiés par le ministère de la Santé.