Après que Xavier Bertrand a déclaré que « l’Union des démocrates musulmans de France veut pousser une vision communautariste de la politique », l’UDMF attaque en justice le président de la région Hauts-de-France.

Le parti UDMF (Union des Démocrates Musulmans Français) a fait son chemin depuis son lancement en novembre 2012.  Adversaire acharné de ceux qui ont fait de l’islamophobie leur ultime projet politique, l’UDMF s’est mobilisée avec ses modestes moyens et présente des candidats à toutes les élections depuis 2014, pour faire barrage à cette contamination.

En 2019, après avoir rassemblé 30 000 voix dans les urnes de la République, une large majorité de la classe politique s’était alors rassemblée pour demander sa dissolution. Le 12 janvier 2020, alors que le parti s’apprêtait à déposer une dizaine de listes aux élections municipales, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, avait été jusqu’à le diffamer publiquement et en direct de l’émission sur France 3 : « l’Union des démocrates musulmans de France veut pousser une vision communautariste de la politique. C’est la question de l’islam politique, c’est-à-dire qu’ils pensent qu’il faut qu’il y ait des horaires différenciés dans les piscines. Ils pensent qu’il faut qu’il y ait des menus adaptés dans les cantines. Ils pensent également que la femme n’est pas l’égale de l’homme dans de nombreux domaines. Ça, je ne l’accepte pas », avait-il dit.

Le parti avait, dans la foulée, mandaté son avocat Maître Chergui pour attaquer la chaîne de télévision France 3, responsable de la diffusion de ces propos, mais également Xavier Bertrand, que l’UDMF juste « complice de cette infraction ».

Alors que la campagne des Départementales et des Régionales a commencé, Xavier Bertrand vient de demander, avec l’appui du Rassemblement National, que la région puisse lui payer l’intégralité de ses frais de justice. « Voici comment, certains responsables politiques, bénéficient d’une totale impunité », déplore le parti musulman.

C’est dans ce contexte, particulièrement hostile à la visibilité des musulmans, que l’UDMF est entrée à son tour en campagne, en déposant ses listes pour les Départementales et Régionales, dans huit régions dont les Hauts de France, l’île-de-France, le Grand-Est, la Nouvelle Aquitaine, le Centre-Val de Loire, la Bretagne, la Normandie et l’Auvergne Rhône-Alpes.

À l’heure où la loi sur le séparatisme à réduit considérablement la liberté des citoyens de confession musulmane, le mouvement entend bien y « dénoncer ‘l’islamo-diversion’ En Marche dans le pays pour s’attaquer aux droits constitutionnels les plus fondamentaux ».

« Nous refusons l’invisibilité et la spoliation de nos droits », explique Nagib Azergui, le fondateur du parti politique.