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Loi sur les signes religieux: le Québec imite-t-il la France ?

L’Assemblée du Québec a décidé d’interdire le voile intégral dans les administrations et les transports. Une loi qui inquiète les associations musulmanes.

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Après deux années de débats — souvent houleux —, l’Assemblée nationale du Québec a adopté le projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l’Etat. Celui-ci prévoit, entre autres, « que les services publics et parapublics soient donnés et reçus à visage découvert. » Mercredi, après l’adoption de la loi, les associations musulmanes n’ont pas hésité à dire leur inquiétude, certaines que ce sont les femmes musulmanes qui sont ciblées par ce texte qui prévoir l’interdiction du voile intégral pour les fonctionnaires et aux usagers des services publics. 

Citée par Radio-Canada, la présidente de l’Association des femmes immigrantes de l’Outaouais, Emna Mezgheni, rappelle que les femmes qui ont le visage couvert ne représentent qu’« une minorité. » Selon elle, ces femmes sont déjà isolées et, « avec ce projet de loi, vraiment, elles vont être encore plus isolées. » La remise en question de la visibilité des signes religieux a pris son essor il y a une dizaine d’années au Quebec et semble concorder avec l’hystérie française à ce sujet.

« Le Quebec est la seule province qui a ce genre de loi raciste, jouant sur une soi-disant laïcité »

Joint par LeMuslimPost, Mohammed Boudjenan, président sortant de la Fédération canado-arabe, déclare que cette législation autour de ces signes, portée par le parti Parti Libéral Québécois au pouvoir, est une « manœuvre politicienne pour envoyer les bons signaux en vue des prochaines élections. » Il tient à rappeler que « le Quebec est la seule province qui a ce genre de loi raciste, jouant sur une soi-disant laïcité, d’ailleurs dénoncée hier par les parlementaires de la province de l’Ontario. »

La loi 62 inquiète également Salah Basalamah, professeur à l’Université d’Ottawa et membre du collectif Présence musulmane. A Radio-Canada, il explique : « Le fait de découvrir le visage pour pouvoir s’identifier, pour pouvoir communiquer et pour des raisons sécuritaires, ça peut se comprendre. Là où je ne comprends plus, c’est le fait qu’on étende l’interdiction de la couverture du visage sur les transports publics. » 

Dans un contexte post-attentat contre la Mosquée de Québec en janvier dernier et la non-qualification de la tuerie — qui avait fait six morts — en acte terroriste, cette loi taillée sur mesure pour un signe spécifique à certaines femmes de confession musulmane, malgré leur petit nombre, a de quoi inquiéter. Le Québec — comme le Canada — semblait jusqu’à présent épargné par les polémiques identitaires et les législations d’exception qui se sont normalisées en France.

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