Le week-end prochain, la jeune Mariam Ali pourrait être la première députée-maire musulmane de Rome et créer la surprise.

Mariam Ali, 20 ans, est une jeune Egyptienne-Italienne. Voilée, elle bat campagne depuis trois mois maintenant, pour devenir députée-maire de Rome. Bien que sa liste, présidée par Roberto Gualtieri, soit arrivée deuxième au premier tour, tout laisse à penser qu’elle est désormais favorite lors des élections municipales de la « cité éternelle ».

A Rome, les bruits de tambour battent pour la course au prochain quinquennat à la tête de la mairie. Le second tour des élections communales se déroulera les 17 et 18 octobre prochains. La droite, après avoir remporté les élections dans plusieurs régions des deux fiefs historiques de la gauche – l’Emilie-Romagne et les Pouilles – vise la mère de toutes les régions italiennes : Lazio, et son chef-lieu, la capitale Rome.

Après un premier tour marqué par une défaite cuisante de l’extrême gauche, qui a vu sa maire sortante Virginia Raggi bottée de son poste, deux listes accèdent au second tour des élections communales.

D’un côté, Enrico Michetti représente la droite, avec 30 % des voix lors du premier tour des élections. Il est soutenu par la petite-fille de Benito Mussolini, Rachele Mussolini, qui avait remporté, mardi dernier, son second mandat de conseillère municipale de la capitale. De l’autre côté, le candidat du centre-gauche, Roberto Gualtieri, brille avec 27 % des voix lors du premier tour. Toutes les prévisions et tous les sondages semblent indiquer une victoire de Gualtieri, qui, en plus de s’assurer le vote des banlieues, s’attire la sympathie des immigrés.

La raison : Mariam Ali, la très très jeune colistière de Gualtieri. D’origine égyptienne, la jeune femme voilée s’est distinguée avec un discours concis et cadré autour des vrais soucis de la ville. La pollution, la criminalité, le racisme rampant, le haut nombre de SDF… intraitable sur tous les sujets, Mariam Ali est une vraie perle, même selon ses adversaires.

« C’est ainsi que je comprends l’Islam »

Pour renforcer la campagne de Gualtieri, dont elle deviendra députée-maire, la plus jeune de l’histoire du pays, Mariam Ali s’est appuyée sur les réseaux sociaux. Avec 42 000 abonnés sur Instagram et 250 000 sur TikTok, la jeune femme arbore fièrement ses origines et dénonce la ségrégation des musulmans d’Italie, ainsi que le racisme dans le discours politique, qui dissipe, selon elle, le rôle des responsables.

Elle n’hésite pas, non plus à s’attaquer à la corruption très répandue au sein de la mairie de Rome. Surtout, Mariam Ali s’attaque aux préjudices subis par les immigrés et les descendants de l’immigration. Elle avait, l’année dernière, révélé la capitalisation des ONG sur l’accueil des immigrés clandestins dans de mauvaises conditions, contre les fonds de l’Etat ou de l’Union européenne.

Ainsi donc, l’image de la jeune femme voilée, accrochée aux panneaux publicitaires au cœur de Rome, a provoqué un séisme sur les médias italiens. De son côté, Mariam précise : « Ma candidature n’est pas liée à ma religion, dont je suis fière. Je ne postule pas pour représenter uniquement les musulmans en Italie, nous représenter est un devoir des élus ! Je postule en tant que citoyenne italienne et romaine, pour les jeunes, les personnes âgées et les nécessiteux, pour pouvoir prêter main-forte à cette ville majestueuse ».

Et la jeune candidate de continuer : « La religion est pour moi, personnellement, un stimulant pour ‘donner sans s’attendre à recevoir’, être toujours active en tant que citoyenne et aider les autres, c’est ainsi que je comprends l’Islam. Je voulais apporter cette précision car, étant parmi les premières candidates à Rome avec le voile, sinon la première, cela ne passe certainement pas inaperçu. En tout cas, je n’éviterai pas à répondre aux questions ».