Un évêque estime que « l’Islam génère le massacre sauvage » et en appelle à annoncer aux musulmans « la bonne nouvelle du Christ sauveur. »

Après la scandaleuse tribune d’un prêtre sur l’attentat du Bataclan, à Paris, sur le site Riposte Catholique, c’est au tour d’un évêque de susciter la polémique avec une lettre sur l’Islam. Ou quand certains membres de l’Eglise catholique sapent le dialogue interreligieux.

L’édito a fait du bruit. Dans un texte publié dans le livret diocésain de Belley-Ars sur l’Année de la miséricorde, Mgr Pascal Roland écrit que « l’Islam propose un Dieu sans l’homme et génère lui aussi le massacre sauvage et massif de ceux qui n’adhèrent pas à son idéologie. » Une phrase qui a provoqué de nombreuses réactions. Si bien que le prêtre a répondu sur le site Riposte Catholique, tenant à apporter quelques précisions, loin des « discours convenus ou prudents. » Effectivement, la prudence n’est pas vraiment ce qui caractérise ce texte.

Une croisade contre l’Islam

Dans une missive dans laquelle il réitère ses propos, Mgr Pascal Roland affirme tout d’abord qu’il « parle de l’Islam et non pas des musulmans. » Le prêtre fait, bien évidemment, le lien entre l’Islam et Daech, malgré les tentatives vaines des autorités musulmanes de démontrer que le jihad défendu par l’organisation terroriste n’avait rien à voir avec les textes sacrés. La sourate 5, verset 32 dit d’ailleurs que « celui qui tuerait un Homme non coupable d’un meurtre ou d’un délit sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les Hommes. » L’évêque s’étonne des réactions « négatives » suite à son édito. Dans sa lettre, Pascal Roland indique qu’il est de son devoir de « poser un regard critique sur l’histoire de l’Islam et de rappeler qu’il s’agit à l’origine d’une secte judéo-chrétienne. » Et encore, le prêtre reste soft, « en raison du souci d’être sympathique avec tout le monde », écrit-il.

Par la suite, l’évêque de Belley-Ars rappelle qu’il ne faut pas porter « des jugements définitifs contre les personnes musulmanes », mais se félicite que, dans son diocèse, plusieurs personnes « issues du monde musulman » se soient converties au christianisme. Pascal Roland se transforme alors en prêcheur : « Qui se soucie de leur annoncer la bonne nouvelle du Christ sauveur ? », demande-t-il. Une séquence de prosélytisme qui sonne comme une véritable croisade de l’évêque, qui se verrait bien baptiser un maximum de musulmans dans les années à venir. Une démarche presque aussi violente que ses mots, pas forcément bienvenue en cette Année de la miséricorde.

Un évêque qui ne connaît pas vraiment l’Islam

Et pour continuer son argumentation, Mgr Pascal Roland en remet une couche : l’Islam est violent, mais tous les musulmans ne sont pas pour autant des terroristes, dit-il en substance. « Les personnes musulmanes vivent leur religion de manières diverses. Leur façon de vivre ne définit pas la religion. C’en est d’ailleurs une expression très différente selon les régions du globe », écrit l’évêque. Récemment, une étude scientifique montrait que la Bible était plus violente que le Coran. Si tous les croyants vivaient leur religion au pied de la lettre, la France serait à feu et à sang. Pascal Roland « en appelle à une meilleure connaissance de l’Islam. » Sur ce point, on tombe enfin d’accord avec lui !

Yassine Bannani

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