M. Saleh s’exprimait à Davos au premier jour du 50e Forum économique mondial (WEF).

Il a assuré qu’un récent vote au Parlement irakien appelant au départ des forces étrangères du pays ne devait pas être perçu comme « un signe d’ingratitude ou d’hostilité », mais représentait une réaction à une violation de la souveraineté de l’Irak.

Ces dernières semaines, les tensions entre Washington et Téhéran se sont cristallisées sur le sol irakien après la mort du puissant général iranien Qassem Soleimani, tué dans un raid américain à Bagdad, et une riposte iranienne qui a visé deux bases militaires en Irak utilisées par l’armée américaine.

Furieux, le Parlement irakien a voté le 5 janvier l’expulsion des troupes étrangères, dont 5.200 soldats américains. Cette demande a été rejetée par les Etats-Unis qui réclament au contraire une confirmation du partenariat stratégique entre les deux pays.

« L’escalade des tensions (…) nous a rappelé que nos aspirations restaient soumises à des querelles politiques qui nous dépassent, ainsi qu’à des ingérences étrangères indésirables », a dit M. Saleh.

« Cela n’est pas dans notre intérêt de choisir de nous allier à une partie aux dépens d’une autre, si toutes les deux respectent notre souveraineté et notre indépendance », a-t-il ajouté.

Il a ainsi affirmé qu’ « aucun pays devait chercher à dicter à l’Irak » la nature de ses relations.

« Si l’animosité persiste entre nos voisins et alliés, notre souveraineté n’est pas respectée et nos terres sont utilisées comme champ de bataille, nous ne pouvons espérer réaliser notre propre programme », a-t-il souligné, en référence notamment aux nombreuses réformes que doit entreprendre le gouvernement irakien.

Une source de son cabinet a indiqué à l’AFP qu’ils avaient discuté de la frappe américaine à Bagdad et d’un retrait des forces d’Irak.

M. Trump a dit au président Saleh qu’il « ne veut pas rester en Irak » et qu’il réduirait le nombre des forces d’une « manière sans précédent », selon cette source.

La Maison Blanche a affirmé pour sa part que les deux dirigeants s’étaient mis d’accord à Davos sur la nécessité de maintenir la coopération militaire entre les deux pays.

Selon la source irakienne, M. Saleh a appelé les Etats-Unis à ne pas restreindre l’accès de l’Irak à ses revenus pétroliers, déposés à la réserve fédérale à New York.

Le président irakien a également jugé très important que Washington prolonge une exemption autorisant Bagdad à acheter du gaz iranien malgré les sanctions américaines sur Téhéran.