Accusé par les uns d’être pro-Palestiniens, et par les autres d’être favorable à l’Etat hébreu, Lionel Messi préfère éviter le sujet.

L’arrivée de Lionel Messi au PSG, à peine deux semaines après que le latéral marocain Achraf Hakimi s’est fait siffler à Tel-Aviv à cause de son soutien à la Palestine, provoque chez les fans de football qui s’intéressent à la géopolitique une question : quelle est la position de la star à propos du conflit israélo-palestinien ? Depuis plusieurs années, comme pour Ronaldo, l’image de Messi est régulièrement détournée. Mais quand le Portugais est connu pour être un défenseur de la cause palestinienne, l’Argentin est, lui, utilisé dans les deux camps.

En 2013, Messi avait esquissé un large sourire lorsque Shimon Peres avait tiré sur lui lors de la « tournée de la paix » du FC Barcelone, en Palestine et en Israël. Une tournée qui avait été accompagnée de son lot de tensions : alors que le Prix Nobel de la Paix avait indiqué que « les enfants israéliens et palestiniens rêvent de deux buts : celui de la victoire au Camp Nou et celui de la paix », la fédération palestinienne de football avait refusé de composer une équipe mixte avec des Israéliens, estimant que cela n’effacerait pas les atrocités israéliennes commises contre les Palestiniens.

Pas de prise de position claire

Cinq ans plus tard, en 2018, l’Argentine devait affronter Israël. Ce match fut annulé par la fédération argentine. De quoi sauver Messi d’une polémique qui avait déjà été bien entamée… La star argentine avait en effet été exhortée à tout faire pour que le match n’ait pas lieu. Le joueur était alors pris entre la demande des mouvements de boycott et celle d’Israël, adepte du « sportwashing ». Une situation inconfortable, d’autant que Messi, ne voulant pas compromettre sa carrière, s’est toujours gardé de donner une opinion claire sur la question.

En mai 2021, le fait de ne pas se positionner s’est d’ailleurs retourné contre lui : une image s’est propagée comme une trainée de poudre. Sur une photo, on voyait Messi tenir un t-shirt orné d’un drapeau palestinien. La publication accompagnant cette photo lui impute une déclaration imaginaire : « Je ne peux pas jouer un match contre des gens qui tuent des enfants innocents ». Une référence au match annulé de l’Argentine en Israël. « Nous devons annuler le match parce que nous sommes des êtres humains avant d’être footballeurs », pouvait-on lire. Sauf que Messi n’a jamais dit cela.

Naviguant habilement où ses sponsors lui demandent d’aller, Messi ne veut pas, semble-t-il, faire de politique. A la différence d’un Hakimi, donc, mais également d’un Neymar qui a fièrement posé aux côté de Netanyahu. Mais à force de subir, Messi est facilement rangé dans le camp israélien par ses détracteurs. Fin 2018, son sponsor avait réussi à faire poser Leo Messi avec une carte de membre du fan club du Beitar, club israélien dont les supporters sont régulièrement accusés de racisme et d’islamophobie. L’Argentin n’avait pas tenté de prendre ses distances avec cette information.

Deux contrats signés avec des sociétés israéliennes

Pour une partie du public parisien, dont certains groupes qui arborent des drapeaux palestiniens lors des rencontres, le débat est plus important qu’il n’y paraît. Ce n’est pas pour rien si Neymar a régulièrement été sifflé par une partie des supporters. D’autant qu’un grand joueur est un joueur qui s’engage : Messi est souvent comparé à la légende Diego Maradona. Et « El Pibe de Oro », lui, ne cachait jamais son soutien pour les causes justes. En 2018, Maradona avait, lors d’une rencontre avec le président palestinien Mahmoud Abbas à Moscou, affirmé : « Dans mon cœur, je suis palestinien ».

A choisir, Messi serait en tout cas plutôt proche d’Israël que de la Palestine. Alors que le directeur de communication de Messi nie, non sans panique, que « Leo ait fait une quelconque déclaration » sur le sujet, l’Argentin préfère ne pas parler de la Palestine et d’Israël en public. Mais en coulisses, le joueur a signé des contrats de sponsoring avec deux sociétés israéliennes, Sirin Labs et OrCam.