La mosquée de Genève vient de licencier quatre de ses employés fichés S en France, dont deux imams et un agent de sécurité. Le directeur général de la Fondation culturelle islamique de Genève (FCIG), le Saoudien Ahmed Beyari, qui gère la mosquée, « a adressé des lettres de licenciement aux quatre salariés, tous de nationalité française ».

« Nous avons licencié quatre employés. Les deux imams fichés S en France, selon les médias, et ayant une autorisation de travail en Suisse. L’employé de la sécurité aussi fiché S en France, selon les médias, et ayant une autorisation de travail en Suisse. Et un quatrième pour une autre raison », déclaré Ahmed Beyari dans le quotidien La Tribune de Genève.

Une annonce qui fait suite à la venue en Suisse, début novembre, du secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Mohammed Al-Issa, qui supervise la mosquée de Genève. A cette occasion il avait déclaré : « Je veux lutter contre toutes les idées extrémistes, cesser toute collaboration avec des personnes qui portent ces idées et même les dénoncer. Ce ne sont pas que des paroles. Et vous le verrez ». 

Les musulmans invités à respecter « le régime laïque » en France

En visite à Paris ces derniers jours, Mohammed Al-Issa a rencontré plusieurs personnalités et a porté ce même message de « modération » comme « vérité première de l’Islam. » Il a appelé les minorités musulmanes des pays européens à « s’adapter à la culture, à la législation » des pays où elles vivent et à respecter le « régime laïque ». 

« Si vous n’êtes pas d’accord avec la loi et l’application de la loi, vous pouvez quitter ce pays et décider de vous installer ailleurs », a-t-il également déclaré, s’adressant à la communauté musulmane. 

Un curieux revirement, alors que l’ONG musulmane fondée en 1962 à La Mecque par le prince Fayçal d’Arabie Saoudite a toujours souhaité répandre le wahhabisme et son application de la charia, par la construction d’écoles, d’instituts musulmans mais aussi le financement de mosquées en Europe. Interrogé sur son rapport au wahhabisme, le secrétaire général de la LIM a habilement évité le sujet : « Pour nous, il n’y a pas de wahhabisme. Il y a l’Islam, point ».