Le porte-parole de la coalition antirebelles menée par l’Arabie saoudite au Yémen, le colonel Turki al-Maliki, a affirmé que la défense anti-aérienne saoudienne avait intercepté et « neutralisé » lundi soir des « projectiles » au dessus des régions de Jeddah et de Taëf dans l’ouest du royaume, sans préciser leur nature ni leur origine.

Mais le quotidien Asharq al-Awsat et la chaîne de télévision Al-Arabiya ont affirmé qu’il s’agissait de missiles balistiques tirés par les Houthis en direction de la ville sainte de La Mecque, proche de Jeddah.

Les Houthis, des rebelles soutenus par l’Iran, « ont tenté d’atteindre La Mecque avec deux missiles », titre Asharq al-Awsat, en affirmant que c’était la troisième tentative des insurgés yéménites de viser la ville sainte depuis le début de l’intervention saoudienne au Yémen au côté du pouvoir en mars 2015.

Les Houthis ont démenti, par la voix d’un porte-parole officiel, avoir pris pour cible « les lieux saints » musulmans en Arabie saoudite.

Mais le ministre de l’Information du gouvernement yéménite, soutenu par Ryad, Mouammar al-Iryani, a accusé les Houthis d’avoir tiré ces missiles sur « ordre de l’Iran ». « Les milices des Houthis ont visé La Mecque », a-t-il affirmé sur Twitter, en dénonçant « un crime terroriste ».

Face aux tensions dans le Golfe qui ne cessent de grimper sur le dossier iranien, l’Arabie saoudite, grand rival régional de l’Iran, a invité les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de la Ligue arabe à des sommets extraordinaires le 30 mai à La Mecque.

Dans une autre déclaration, le colonel Maliki a indiqué que les Houthis avaient attaqué une « installation civile » de la province saoudienne méridionale de Najrane avec un drone chargé d’explosifs, sans faire état de victimes.

La télévision Al-Masirah des Houthis a confirmé une attaque de drone qui a mis le feu à un dépôt d’armes à l’aéroport de Najrane.

Les Houthis ont revendiqué une attaque de drones qui a endommagé le 14 mai un oléoduc en Arabie saoudite, deux jours après un mystérieux sabotage de quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, à l’entrée du Golfe.