Dans une tribune, Valls écrit que, « si l’Islam n’aide pas la République », celle-ci ne pourra plus garantir le libre exercice du culte.

Le Premier ministre publie une nouvelle tribune dans le Journal du dimanche. Il appelle les musulmans à prendre leurs responsabilités et menace de ne plus leur permettre d’exercer librement leur culte.

Dans un tribune publiée dans Le JDD, quelques heures seulement après sa proposition, dans Le Monde, de geler les financements provenant de l’étranger pour les mosquées françaises, Manuel Valls menace les musulmans de ne plus garantir l’exercice du culte… Certes, le Premier ministre explique que, « comme les pères de la loi du 9 décembre 1905, nous devons inventer un équilibre avec l’Islam de France aux termes duquel la République lui offre la garantie du libre exercice du culte. » Puis, sous couvert de chantage, Manuel Valls menace. Le socialiste explique : « Si l’Islam n’aide pas la République à combattre ceux qui remettent en cause les libertés publiques, il sera de plus en plus dur pour la République de garantir ce libre exercice du culte. » Une sortie étonnante et contraire à l’esprit de la loi de 1905 qui, d’après les textes, « garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. »

Manuel Valls veut « aider l’Islam de France »

Ensuite, comme pour contredire son ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui aurait évoqué l’idée de mettre en place un concordat vis-à-vis de l’Islam, Manuel Valls assure que « toute tentation néoconcordataire serait une insulte à la laïcité. » Mais il nuance : « Rester spectateur des événements en attendant que les problèmes trouvent leur solution serait irresponsable. » Cette tribune dans le JDD est en réalité une simple opération de communication pour conduire son idée de gel des financements étrangers. « Pour être à la hauteur de cette ambition, il faudra revoir certaines règles pour tarir les financements extérieurs, et accroître en compensation les possibilités de levées de fonds en France », écrit le Premier ministre, qui demande aux musulmans « un engagement massif et puissant. » « Je les appelle à agir dans leur famille, leur quartier » contre les « revendications communautaires ou complotistes », écrit Manuel Valls, qui affirme avant tout qu’« il y a urgence à aider l’Islam de France à se ­débarrasser de ceux qui le minent de l’intérieur. »

« Repenser la formation des imams et aumôniers »

Parmi les autres propositions du Premier ministre, celle de « repenser complètement la formation des imams et aumôniers. » Il affirme aussi que « les lieux de culte qui abritent ces prédicateurs sont et seront systématiquement fermés. » Des mesures lancées au milieu d’un réquisitoire contre le salafisme. Reprenant les éléments de langage de l’extrême droite, Manuel Valls assure que « tous les salafistes ne sont pas des djihadistes… mais presque tous les djihadistes sont des salafistes. » Pour Manuel Valls, l’Etat n’a pas failli, mais c’est bien à la communauté musulmane de faire front contre ce qu’il nomme, sans réellement le définir, salafisme : « Les musulmans ont donc une immense responsabilité à assumer », écrit-il. Mais, assure le Premier ministre, « l’Islam est compatible avec la démocratie » et « la laïcité a été la réponse à une longue guerre civile. »

Pierre Z. Lajarge

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