Les pays voisins de la Libye ont rejeté jeudi toute ingérence étrangère dans ce pays en guerre et appelé les belligérants au dialogue, au terme d’une réunion à Alger visant à favoriser une solution politique à un conflit qui menace toute la région.

 

Egalement présent, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, qui a informé les participants des conclusions du sommet de Berlin dimanche dernier, où promesse a été faite de respecter un embargo sur les armes et de ne plus interférer dans les affaires libyennes.

Selon un communiqué publié à l’issue de la réunion, les participants « ont exhorté les belligérants libyens à s’inscrire dans le processus de dialogue, sous les auspices de l’ONU, avec le concours de l’Union africaine et des pays voisins de la Libye, en vue de parvenir à un règlement global, loin de toute interférence étrangère ».

« Ils ont appelé à la préservation de la sécurité en Libye, son indépendance et son intégrité territoriale, ainsi qu’au rejet des interventions étrangères qui ne font que perdurer la crise et la rendre plus complexe », a ajouté le communiqué.

« Synonyme de paix chez nous »

Plusieurs pays africains s’étaient plaints d’avoir été tenus à l’écart du processus dit de Berlin.

Les conséquences de l’engagement pris à Berlin, sur le terrain restent incertaines: les deux rivaux directs, Fayez al-Sarraj, le chef du GNA, et Khalifa Haftar, ont refusé de se rencontrer dans la capitale allemande.

MM. Sarraj et Haftar n’ont pas participé non plus à la réunion d’Alger. Et preuve des tensions persistantes, l’aéroport de Tripoli a dû fermer pendant plusieurs heures après des menaces des pro-Haftar.

Invité à Berlin, le nouveau président algérien Abdelmadjid Tebboune avait proposé d’héberger un « dialogue » interlibyen.

« Il y a des déclarations de Sarraj, des déclarations de la partie de Haftar qui ont estimé que la seule puissance à même de régler le problème c’est l’Algérie. Nous avons leur confiance », a dit mercredi M. Tebboune.

« Tous demandent la médiation de l’Algérie. C’est encourageant (…). La paix en Libye est synonyme de paix chez nous », a-t-il souligné.

« Rien que la mobilisation (des forces algériennes) et l’achat d’armes entraînent des dépenses que l’on pourrait consacrer au développement (…) Chaque fois que nous apprenons qu’il y a un type d’armes (en Libye), nous achetons les (mêmes) armes pour y faire face », a observé encore M. Tebboune.