Plusieurs dizaines de Rohingyas, qui attendent d’être expulsés d’Inde, ont été testés positifs au Covid-19.

Apatrides un jour, apatrides toujours. De nombreux Rohingyas sont actuellement en détention en Inde. Ils avaient tenté de fuir les persécutions en Birmanie et sont actuellement détenus dans le but d’être expulsés… en Birmanie. C’est dans un centre de détention du territoire indien du Jammu-et-Cachemire que ces personnes sont aujourd’hui entassées en attente de leur expulsion.

Les Rohingyas, début mars, avaient été près de 200 à être arrêtés lors de leur arrivée en Inde, où ils sont considérés comme des sans-papiers. Ils seraient, en tout, actuellement 6 000. Ce n’est pourtant pas faute de disposer de papiers : le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a en effet fourni des cartes d’identité à la moitié des réfugiés… Sauf que l’Inde ne reconnaît pas ces cartes, n’étant pas signataire de la Convention des Nations unies sur les réfugiés.

Pour les autorités, ces Ronhingyas sont donc tout simplement illégaux : « Après vérification de la nationalité de ces immigrés clandestins, les renseignements seront transmis au ministère des Affaires étrangères à Delhi puis partagés avec la Birmanie en vue de leur expulsion », indique la police locale qui n’en a que faire du sort réservé à ces personnes à leur retour au Myanmar.

En attendant, dans le centre de détention du Jammu-et-Cachemire, les Rohingyas doivent composer avec un autre mal : le Covid-19. Sur les 170 personnes détenues dans cette prison de Hiranagar, au moins 20 ont été testées positives au coronavirus.

Alors que d’autres tests vont être réalisés ces prochaines heures, c’est la panique : le taux de contamination doit certainement être plus élevé dans les différents centres de détention. Après avoir subi les exactions de l’armée, des inondations et des glissements de terrain au Bangladesh ou encore des naufrages en tentant de fuir, les Rohingyas doivent désormais composer avec le virus.

Les autorités indiennes, elles, n’ont jamais hésité à montrer leur hostilité vis-à-vis des populations musulmanes. Et pas sûr que cette contamination freine les procédures d’expulsion actuellement en cours.