Des centaines de défenseurs des droits humains, de militants et d’opposants sont emprisonnés depuis des années dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG – Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar, Koweït).

Ces riches monarchies détiennent aussi des milliers de travailleurs migrants en situation irrégulière.

« Alors que la pandémie de coronavirus fait rage, les Etats du Golfe devraient prendre rapidement des mesures pour protéger la santé et les droits des détenus et du personnel des centres de détention pour immigrés, en procédant à des libérations et en trouvant des alternatives à la détention », a souligné Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué publié mardi.

« De nombreux travailleurs migrants, en particulier ceux qui sont sans papiers (…) ou qui ont fui des employeurs peu scrupuleux », attendent leur expulsion dans des centres « surpeuplés et insalubres », a déclaré le directeur adjoint pour le Moyen-Orient de HRW, Michael Page.

Près de la moitié des quelque 52 millions d’habitants du CCG sont des étrangers venant pour la plupart d’Asie du Sud, des Philippines et du monde arabe.

Face à la pandémie, les pays du Golfe ont adopté des restrictions draconiennes: l’Arabie Saoudite a imposé un couvre-feu de 24 heures dans la plupart des régions. Dubaï a réduit de façon drastique les déplacements et le Koweït a verrouillé deux zones densément peuplées d’étrangers.

Quelque 8.400 cas de coronavirus et 60 décès, principalement des étrangers, ont été signalés officiellement jusqu’à présent dans les Etats du CCG.

Le 1er avril, le Koweït a proposé aux travailleurs migrants en situation irrégulière une amnistie d’un mois pour quitter le pays, avec un billet d’avion gratuit. Quelque 150.000 personnes devraient bénéficier de cette offre.

HRW a également exhorté les gouvernements du Golfe à envisager de prolonger les visas afin de s’assurer que les expatriés conservent leur résidence légale à un moment où ils ne peuvent pas rentrer chez eux.

Un groupe de 20 organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et HRW, a également exhorté Bahreïn à libérer immédiatement les militants. En mars, Bahreïn a libéré 901 prisonniers pour « raisons humanitaires ».

HRW a demandé aux Emirats de « libérer sans condition les personnes détenues illégalement, y compris pour dissidence ».

Amnesty International et le Gulf Centre for Human Rights se sont inquiétés du sort d’Ahmed Mansoor, un défenseur des droits humains détenu à l’isolement depuis trois ans aux Emirats.