Le bureau de la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Michelle Bachelet, a publié cette liste de 112 sociétés ayant des activités dans les colonies israéliennes établies dans les Territoires palestiniens occupés, incluant les géants Airbnb, Expedia et TripAdvisor.

Sa diffusion intervient deux semaines après l’annonce du projet du président américain Donald Trump pour mettre un terme au conflit israélo-palestinien, un plan qualifié d' »historique » par les Israéliens et vigoureusement rejeté par les Palestiniens.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lancé une menace de rétorsion après la diffusion de la liste.

« Quiconque nous boycotte sera boycotté », a-t-il indiqué dans un communiqué. « Nous rejetons fermement ce geste méprisable », a-t-il ajouté.

La liste de l’ONU est « une reddition honteuse aux pressions de pays et d’organisations qui veulent causer du tort à Israël », a réagi de son côté le ministre israélien des Affaires étrangères Israel Katz.

Il s’est toutefois félicité du fait qu’une « majorité des pays ait refusé de se joindre à cette campagne de pression politique ».

Pour le conseil de Yesha, la plus importante organisation de colons, l’ONU a « une fois encore prouvé qu’elle était un organisme (…) non neutre qui agit contre l’Etat d’Israël ».

Environ 450.000 colons juifs sont implantés dans des colonies en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis plus d’un demi-siècle et où vivent quelque 2,7 millions de Palestiniens, selon des dernières données des autorités israéliennes.

En incluant Jérusalem-Est, secteur de la Ville sainte également conquis par Israël en 1967 puis annexé, plus de 600.000 colons sont établis dans les Territoires palestiniens occupés.

– « Premier pas crucial » –

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion de Benjamin Netanyahu et de son allié à Washington, le président Donald Trump.

La Maison Blanche a d’ailleurs changé sa politique sur les colonies en Cisjordanie en novembre, affirmant qu’elles ne contrevenaient plus, selon elle, au droit international, une décision qui avait été saluée par les autorités israéliennes mais vivement critiquée par les Palestiniens.

Ces derniers se sont félicités de la publication de la liste onusienne.

« Publier cette liste (…) est une victoire pour (…) nos efforts diplomatiques afin d’assécher les puits du système colonial incarné par les colonies illégales », a ainsi déclaré Riyad al-Maliki, le chef de la diplomatie palestinienne.

Le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) Saëb Erakat a également salué un « premier pas crucial pour restaurer l’espoir dans (…) le droit international ».

« Cette annonce (…) consolide la crédibilité du Conseil des droits de l’Homme et des organisations internationales face à l’attaque violente et la pression intense de l’administration Trump sur ces institutions », a-t-il ajouté.

Le mouvement BDS (boycott, désinvestissement et sanctions), qui appelle au boycott économique, culturel ou scientifique d’Israël afin d’obtenir la fin de l’occupation et de la colonisation des Territoires palestiniens, s’est aussi réjoui de la déclaration de l’ONU.

« La publication de cette liste est le premier pas très significatif effectué par une entité de l’ONU pour demander des comptes à Israël et à des sociétés internationales qui permettent et tirent profit des colonies israéliennes illégales », a indiqué ce mouvement dans un communiqué.

« Cependant, la liste n’est pas complète. Toutes les compagnies qui sont complices du régime d’Apartheid d’Israël et de ses graves violations des droits des Palestiniens (…) doivent y être ajoutés », a-t-il ajouté.