Se rassemblant pacifiquement aux abords de la mosquée al-Aqsa, des Palestiniens ont été la cible des forces armées israéliennes, qui poursuivent leurs raids depuis quatre jours.

Depuis vendredi, les violences se poursuivent à Jérusalem-Est. Près d’un millier de Palestiniens ont été blessés. Des raids israéliens ont fait 26 morts, dont 9 enfants. Les secours israéliens parlent de leur côté de deux femmes été tuées à Ashkelon.

« Les forces de sécurité israéliennes ont utilisé une force répétée, injustifiée et excessive contre des manifestants palestiniens à Jérusalem-Est occupée, après quatre jours de violence au cours desquels 840 Palestiniens ont été blessés », a déclaré Amnesty International hier.

L’ONG demande à Israël de « mettre fin à la répression brutale des Palestiniens protestant contre les déplacements forcés à Jérusalem-Est occupée ». Les preuves rassemblées par Amnesty International montrent que « les forces israéliennes ont utilisé une force abusive et gratuite contre des manifestants palestiniens largement pacifiques ces derniers jours ».

Mais l’embrasement ne semble pas près de s’arrêter.

Tout a commencé vendredi. Alors que le mois de ramadan touche à sa fin, c’était le jour de la prière sur le site de la Mosquée Al-Aqsa. Des échanges entre Palestiniens et policiers israéliens ont eu lieu. Ces derniers ont utilisé des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc. Une violence disproportionnée qui a dégénéré : rien que ce vendredi soir-là, ce sont plus de 200 Palestiniens qui ont été blessés.

L’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est est pourtant la partie palestinienne de la ville, occupée illégalement par Israël depuis 1967. La tension était palpable depuis plusieurs jours, après que plusieurs familles d’un quartier de Jérusalem-Est ont été menacées d’expulsion, au profit de colons israéliens. L’affaire se déroule devant les tribunaux, mais l’espoir pour ces familles est mince. La Cour suprême a reporté l’audience.

Depuis quatre jours, les forces armées israéliennes multiplient les représailles. D’autant que cette date est symbolique : en pleine « Journée de Jérusalem », un événement qui célèbre l’annexion de la partie est de la ville en 1967, Israël veut frapper un grand coup. Des roquettes, quasiment toujours interceptée par le « Dôme de fer » israélien, sont la justification aux attaques israéliennes.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a promis : « Israël réagira avec force ». Il a prévenu que « le conflit actuel pourrait durer un certain temps ». Autant dire que les raids israéliens devraient encore se poursuivre longtemps et alourdir le bilan, déjà grave, du nombre de morts et de blessés.

En effet, l’armée est sur les dents : « Nous tenons le Hamas pour responsable de ces attaques », indique Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée israélienne, qui estime que les attaques perpétrées par ses hommes ne sont « qu’un début ».