L’Union européenne a sanctionné des dirigeants chinois du Xinjiang. Pékin répond à l’UE en lui demandant de se mêler de ses affaires.

La répression et le nettoyage ethnique au Xinjiang ne peut plus être nié. Et si certains pays comme la France sont encore timorés à l’idée de tancer la Chine pour ses actions contre les Ouïghours, l’Europe, elle, vient de lancer une série de mesures. Quatre responsables chinois ont en effet été sanctionnés. L’Union européenne prévoit contre elles un gel de leurs avoirs financiers et une interdiction de voyager. Le Bureau de la sécurité publique du corps de production et de construction du Xinjiang est également dans la ligne de mire de l’UE.

Parmi les personnes sanctionnées, on retrouve notamment l’ex-secrétaire général adjoint de la province, des dirigeants actuels et le directeur du Bureau de la sécurité publique qui est accusé de détentions arbitraires et de traitements dégradants. Pour rappel, des Ouïghours sont enfermés dans des camps de rééducation.

Mais si l’Europe a enfin fait un premier pas contre la Chine dans ce dossier, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir : le secrétaire du Parti communiste chinois au Xinjiang, l’un des cerveaux de la répression, n’a lui pas été inquiété.

Ces mesures sont pour le moins symboliques mais on eu le mérite de faire réagir Pékin. La Chine a ainsi convoqué le représentant de l’UE à Pékin, Nicolas Chapuis, et a demandé à l’Europe de revoir sa copie. Pire, les Chinois ont décidé eux aussi de sanctionner des personnalités ayant « gravement porté atteinte à la souveraineté et aux intérêts chinois et malicieusement répandu des mensonges et de la désinformation », parmi lesquelles le député européen Raphaël Glucksmann.

En somme, la Chine veut étouffer toute voix d’élu qui risquerait d’aboutir à une reconnaissance du génocide contre les Ouïghours. L’UE « doit arrêter de faire la leçon aux autres sur les droits humains et d’intervenir dans leurs affaires intérieures. Elle doit arrêter la pratique hypocrite des doubles standards et cesser de continuer à faire fausse route. Sinon, la Chine mettra résolument en œuvre d’autres réactions », indique Pékin.

Un face à face qui ne fait que commencer.