Dans un message transmis à ESPN, ce groupe d’environ 80 joueurs constitué la semaine passée à l’initiative de la star de Brooklyn Kyrie Irving, a établi ses priorités. Ils demandent notamment l’amélioration des pratiques d’embauche pour les candidats noirs à des postes de dirigeants et d’entraîneurs, afin que la gestion de la ligue en la matière reflète mieux sa composition de joueurs majoritairement noirs.

La NBA compte actuellement huit managers généraux noirs, dont quatre sont responsables des opérations basket, sept entraîneurs noirs et un président, Masai Ujiri, à la tête des Toronto Raptors, champions en titre.

Les joueurs réfractaires réclament aussi que des dons soient faits à des organisations au service de la communauté afro-américaine, ainsi que des partenariats avec des entrepreneurs noirs.

Interrogé par ESPN, Bradley a exprimé son soutien aux joueurs souhaitant profiter de l’exposition offerte par la reprise du championnat à Orlando pour parler des problèmes de racisme systémique. Mais il a estimé que des initiatives pratiques auraient plus d’incidence, notamment avec « l’aide des propriétaires ».

« Quelle que soit la couverture médiatique, parler et sensibiliser contre l’injustice sociale ne suffit pas », a-t-il dit à la chaîne sportive. « Nous n’avons pas besoin d’en dire plus. Nous devons trouver un moyen d’en faire plus. Protester pendant un hymne, porter des t-shirts, c’est formidable, mais nous devons voir de vraies actions mises en œuvre ».

Lundi, le patron de la ligue Adam Silver a convenu que « la reprise de la saison n’est peut-être pas pour tout le monde », laissant donc le choix à chacun d’y prendre part ou non, sans sanction au bout pour les réfractaires.

Bradley a galement souligné que les dons faits aux communautés noires incombe « de manière disproportionnée aux joueurs » et dit espérer que plus de propriétaires suivront les exemples de générosité de Michael Jordan (Charlotte Hornets) et Mark Cuban (Dallas Mavericks) après la mort de George Floyd le 26 mai.

« Je suis d’accord. Rejouer à Orlando permettra aux joueurs de recevoir des chèques qui contribueront à aider leur communauté », a déclaré Bradley. « Mais pourquoi est-ce que toute la responsabilité leur incombe? »

« Le fait de refuser de jouer ne combat pas directement le racisme systémique », a-t-il convenu. « Mais cela met en évidence le fait que sans les athlètes noirs, la NBA ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. La ligue a un devoir envers nos communautés en nous aidant à nous rendre autonomes, tout comme nous avons rendu la marque NBA forte ».

Il a enfin souligné que si la NBA avait prévu une action, aucune proposition en ce sens n’a été clairement communiquée aux joueurs. « Ne mettez pas tout le poids sur vos joueurs pour régler le problème. Si vous vous souciez de nous, vous ne pouvez pas rester silencieux et en retrait ».