Des membres de la gauche lancent aujourd'hui le mouvement citoyen « Printemps républicain. » Déjà, la liste des fondateurs fait polémique.

Ce dimanche est lancé le mouvement citoyen du « Printemps républicain. » Derrière cette initiative séduisante se cachent plusieurs noms de personnalités ayant défendu une vision très particulière de la laïcité.

C’est un mouvement citoyen — rassemblant plusieurs personnalités de gauche — dont la création est plutôt louable, qui se lance ce dimanche à la Bellevilloise à Paris. Son nom ? Le « Printemps républicain. » Son objectif ? Défendre la laïcité et le pacte républicain. Dans son manifeste pour un « Printemps républicain », les initiateurs du projet écrivent : « Pour nous, la laïcité est le ciment du contrat social républicain. Elle lie étroitement la liberté de conscience de chacun (…), l’égalité de tous devant la loi (…), et la fraternité. »

Un mouvement « contre toutes les dérives »

Là où le message de ce « Printemps républicain » devient flou, c’est lorsqu’on lit la suite du manifeste : « La laïcité ne se résume pas à la neutralité de l’Etat, elle est une activité vivante et permanente, à travers l’attention et l’action des laïques dans la société, quelle que soit leur origine ou leur croyance », peut-on notamment lire. L’objectif sous-jacent de ce mouvement citoyen est de « peser à l’intérieur de la gauche pour éviter des dérives, des renoncements qui mettent en danger la laïcité », selon Laurent Bouvet, auteur de l’Insécurité culturelle est l’une des figures principales du mouvement, au Figaro.

Quoi qu’il en soit, le message est plutôt positif : « Pour nous, la République, c’est ce qui nous est commun. C’est à la fois notre bien commun, notre territoire commun et notre projet commun. Ce n’est ni un simple régime politique ni la projection dans les institutions des opinions et croyances de la société. La République s’incarne dans un double combat : pour l’émancipation de chacun et contre toutes les dérives, assignations ou discriminations identitaires », indique le manifeste, qui sera lu aujourd’hui lors du lancement du mouvement.

Samuel Mayol, Amine El Khatmi, Elisabeth Badinter…

Finalement, le seul hic — et non des moindres — se trouve dans la liste des initiateurs et signataires de ce manifeste pour un « Printemps républicain. » On trouve en effet, à l’origine du mouvement, Amine El Khatmi, adjoint PS à la maire d’Avignon, qui semble ne pas connaître le cadre légal de la laïcité. L’une des premières signataires est Elisabeth Badinter, la philosophe pour qui « il ne faut pas avoir peur d’être traité d’islamophobe. » Enfin, parmi les invités du jour, on retrouve, pour un débat sur thème du « travail aux prises avec le fait religieux », dans la liste des participants, un certain Samuel Mayol.

Souvenez-vous, Samuel Mayol est le directeur de l’IUT de Saint-Denis. Celui-ci avait reçu le lauréat du Prix national du Comité Laïcité République alors même qu’il est suspendu de son poste, accusé d’avoir introduit des tapis de prière dans le local d’une association musulmane pour démontrer l’existence de dérives communautaires. Depuis le départ de Samuel Mayol de son poste, l’AFP explique que la situation dans l’établissement scolaire s’est « apaisée. » Le personnel et les étudiants étaient à bout, se sentant pris dans un débat qui les « dépassait. » Ce « Printemps républicain » est une initiative intéressante à la seule condition qu’elle ne tente pas de chercher des solutions là où il n’y a pas de problème.

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