Depuis que la firme de glaces Ben & Jerry’s a décidé d’arrêter de vendre ses produits aux colons israéliens en territoires palestiniens occupés, la société fait face à une campagne de dénigrement et à des menaces.

« Nous dénonçons la haine et les violentes menaces dirigées contre notre compagnie, nos affaires, nos partenaires, notre conseil d’administration et particulièrement contre la direction », ont déclaré les dirigeants de la firme d’agroalimentaire Ben & Jerry’s sur Twitter. Avant de poursuivre : « Nous sommes tous soudés et solidaires dans la dénonciation de la haine, de l’intimidation et toutes formes de menaces. Nous continuerons à être guidés par nos valeurs et notre engagement envers les droits de l’homme et la justice ».

Le 19 juillet dernier, la firme a pris position contre l’occupation israélienne de la Palestine. Depuis, les pro-sionistes du monde entier se sont ralliés contre la société, pourtant créée par des entrepreneurs juifs et possédée actuellement par des investisseurs juifs et israéliens. D’abord, Ben & Jerry’s a boycotté les implantations israéliennes en Palestine, qualifiant la décision de « l’une des plus importantes en 43 ans d’histoire de Ben & Jerry’s ». Ensuite, les fondateurs de la marque, Bennett Cohen et Jerry Greenfield ont publié une tribune sur le New York Times affirmant que bien qu’ils « soutiennent l’existence d’Israël », ils s’opposent à « son occupation illégale des terres palestiniennes ». On lit dans cette tribune qu’« il s’agit d’un rejet de la politique israélienne qui perpétue une occupation illégale et qui constitue un obstacle à la paix en violant les droits humains fondamentaux du peuple palestinien qui vit sous l’occupation ».

Une campagne de dénigrement contre Ben & Jerry’s

Depuis, Ben & Jerry’s fait face à une campagne particulièrement vicieuse. Du dénigrement dans certains médias aux accusations – devenues presque comiques – d’antisémitisme, en passant par le boycott des banques américaines, européennes et la rupture de contrats de transport et de stockage, la marque est particulièrement ciblée. Il faut dire que les partisans de la colonisation ont une arme redoutable pour mener des actions contre les sociétés et les personnes qui ne partagent par leurs valeurs : act.IL.

Dans un communiqué de soutien datant de mi-juillet, 92 signataires, anciens partenaires de l’entreprise, ont dévoilé que Ben & Jerry’s avait eu raison. Ils ont remercié les actuels chefs de l’entreprise pour leur engagement pour « les droits humains des Palestiniens » et déclaré être « fiers » et « soutenir la firme sans équivoque ». Pas de quoi arrêter les hautes sphères sionistes cependant. A Manhattan, au siège de Ben & Jerry’s, les manifestations se sont multipliées, entravant l’exercice au sein de la société. Des syndicats ont empêché les ouvriers de la société de travailler.

Le deux poids-deux mesures de Facebook et de Twitter

Toutefois, ce qui a provoqué la publication du tweet de Ben & Jerry’s se trouve ailleurs : les employés reçoivent des menaces et sont ciblés par une campagne brutale où se mêlent calomnie, accusations et menaces. Aucune réaction de Twitter, alors que Ben & Jerry’s avait arrêté d’acheter des publicités sur Facebook depuis le 1er juillet, après une campagne similaire.

Par ailleurs, la campagne #StopHateForProfit, lancée notamment pour défendre Ben & Jerry’s, fonctionne sur la toile. Ben & Jerry’s avait déclaré : « Nous demandons à Facebook de prendre les mesures claires et sans équivoque préconisées par la campagne pour empêcher que sa plateforme ne soit utilisée pour diffuser et amplifier le racisme et la haine ».

Aucune réaction de Facebook, alors que lorsqu’il s’agit de « discours haineux », le réseau social n’hésite pas à abuser de ses pouvoirs. Clairement, le discours de haine sioniste, notamment à l’encontre de Ben & Jerry’s, lui, fait exception.