Jeûner, prier, porter le foulard, ne pas boire d’alcool ou avoir voyagé à l’étranger… Pour l’une de ses raisons et pour 43 autres, les musulmans ouïghours peuvent finir dans des camps d’internement, où ils seront forcés de travailler, rééduqués ou torturés. Pékin a longtemps nié l’existence de ces « camps de travail », avant d’avouer à la communauté internationale que ceux-ci existaient bel et bien.

Depuis plusieurs années, la situation au Xinjiang inquiète. Le gouvernement n’accepte pas les volontés indépendantistes des habitants de cette région et enferme à tout-va les Ouïghours. Longtemps, les défenseurs des droits humains ont nié les déportations. Il faut dire que la Chine a longtemps joué sur la lutte contre le terrorisme pour expliquer pourquoi elle surveillait autant ces Chinois musulmans.

Mais depuis 2016, la situation est devenue plus grave, avec la nomination de Chen Quanguo à la tête de la région du Xinjiang. Ancien militaire, l’homme a déjà agit au Tibet et est à l’origine de ces camps de travail qui sont en réalité des camps de « rééducation », où l’on force notamment les Ouïghours à boire de l’alcool ou à vivre « à la chinoise ».

Et les raisons d’arrêter les Ouïghours sont nombreuses et pour la plupart arbitraires.

Malgré tout ce que l’on sait, le silence de la France est assourdissant. L’Hexagone a timidement dénoncé cette situation. Pourtant, le témoignage, paru dans Libé, de Qelbinur Sidik Beg, une femme ouïghoure exilée en Europe, fait froid dans le dos. Elle raconte la torture, les viols… Alors que Vice a réalisé une enquête sur le trafic d’organes dont sont victimes les Ouïghours. Si bien que l’ONU pourrait bien, prochainement, qualifier le sort réservés à ces musulmans de génocide.