Plus de cinquante années après l’entrée en vigueur du Traité sur la non-prolifération du nucléaire, visant à promouvoir l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, deux États poursuivent leur course illégale à l’armement: la Corée du Nord et Israël.

La problématique du nucléaire a toujours alimenté le débat international. Analysée et décortiquée sous un angle militaire et sécuritaire, environnemental ou encore en termes de rééquilibrage des puissances, elle suscite un intérêt permanent, d’autant plus que certains Etats s’arment illégalement, avec ou sans la complicité d’autres puissances nucléaires, autrefois au nombre de cinq. 

Le Traité de non-prolifération est au cœur des efforts mondiaux de prévention de la prolifération des armes nucléaires, de progression de l’objectif du désarmement nucléaire, et l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. C’est le traité qui compte le plus d’Etats parties. Seuls l’Inde, Israël, le Pakistan, le Soudan du Sud et la Corée du Nord se sont retirés ou n’ont pas signé le traité.

Le programme nucléaire israélien

Joe Biden, le chef d’Etat américain a renouvelé l’accord entre les Etats-Unis et Israël en août dernier, lors de la visite du Premier ministre israélien, Naftali Benett. Depuis Richard Nixon, aucun président américain n’a demandé à l’Etat hébreu d’adhérer au traité international, en échange de quoi, Israël s’engage à ne pas utiliser ses bombes atomiques. 

Officiellement destiné à la recherche atomique, le programme nucléaire israélien, fait bien plus que cela. Le pays s’est doté d’armes atomiques et d’installations nucléaires militaires. L’Etat hébreu a même refusé, à plusieurs reprises, le contrôle par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ou encore par l’Organisation des Nations-Unies.  

En réalité, Israël poursuit sa course à l’armement, avec la complicité des Etats-Unis et d’autres pays. Grâce à l’aide française, Israël a pu se doter de l’arme atomique en 1967. D’après les spécialistes, l’Etat détient aujourd’hui, 100 à 200 têtes nucléaires, en plus d’une gamme d’avions pouvant délivrer l’arme, ainsi que des missiles balistiques. 

Grâce au silence et à la coopération des puissances nucléaires, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité onusien, Israël a bâti sa puissance nucléaire. L’Etat hébreu évoque la dissuasion, face à l’ennemi iranien, à l’insécurité et aux menaces de représailles des Etats arabes de la zone. Mais la normalisation des relations avec un grand nombre de ses voisins, gage de stabilité, laisse penser qu’Israël veut s’imposer en puissance militaire régionale mais aussi avoir un leadership dans la région. La poursuite de cet armement illégal, dissimulé derrière la « sécurité nationale » érige Israël en vraie menace pour la paix dans la région. 

La Corée du Nord et les essais nucléaires

La Corée du Nord avait signé le Traité de non-prolifération nucléaire en 1985, avant de se retirer en janvier 2003, alors qu’elle est accusée de mener un programme clandestin. Elle procède à un premier essai nucléaire en octobre 2006 puis à un second, en mai 2009. Elle fera d’autres essais en 2013 et en 2016 puis en 2017. 

L’escalade des essais fait peser une menace nucléaire et balistique, entraînant des sanctions de la communauté internationale. L’arrivée de Kim Jong Un au pouvoir fait avancer le programme nucléaire à grands pas. 

Régime auto-suffisant et très militarisé, la Corée du Nord a continué ses essais, en dépit des sanctions internationales. En fait, cet armement illégal se poursuit, posant la question de l’efficacité des sanctions imposées par le Conseil de sécurité, et la communauté internationale en général. Elles touchent réellement les populations mais ne privent en rien, ou presque la poursuite du programme. 

Les Etats occidentaux préfèrent se focaliser sur des dossiers comme le nucléaire iranien, alors qu’Israël et la Corée du Nord font peser autant d’inquiétudes et de craintes.