Dans le Gard, un abattoir est mis en cause par une association de défense animale. Les abattoirs français doivent faire leur révolution.

Un nouveau scandale de maltraitance animale vient de montrer que cette dernière n’avait rien d’un problème lié au halal mais bien à toute la chaîne du secteur de la viande en France.

La vidéo a tourné, depuis 48 heures, sur internet. Des images insupportables montrant, selon ses auteurs, « des scènes intolérables violant la réglementation et causant d’importantes souffrances aux animaux. » C’est l’association de protection des animaux L214 qui en est à l’origine. Cette même association qui, il y a quelques mois, avait réussi à faire fermer l’abattoir municipal d’Alès dans lequel le bien-être animal était bafoué sans aucune mesure. La cruauté que l’on observe dans cette vidéo montre que les conditions d’abattage en France sont loin d’être irréprochables.

L’abattoir était pourtant bio

Ce qui interpelle, c’est la statut de l’abattoir de Vigan, dans le Gard, qui vient d’être mis en cause par L214 — et rapidement fermé par les autorités locales — : selon la chanteuse du groupe Lilly Wood and the Prick, qui prête sa voix pour la vidéo de L214, « même dans un abattoir tourné vers le bio et le local, les animaux perdent la vie dans la souffrance. » Car l’établissement incriminé est effectivement certifié bio. La Communauté de communes du pays viganais présente d’ailleurs cet abattoir bio comme ayant « un vrai savoir-faire, du maniement des animaux vivants, en passant par l’abattage et jusqu’à la découpe de viande. »

Sauf que les images diffusées par l’association de défense des animaux est sans appel : ce sont des actes honteux qui sont perpétrés dans l’abattoir de Vigan. Alors même que « l’ensemble du personnel a suivi les formations et obtenu les certificats de compétence pour la protection et le bien-être animal », comme indiqué par la Communauté de communes. Jusque là réservés aux abattoirs religieux — plus particulièrement halal —, les polémiques ont maintenant atteint les établissements plus classiques. Cela démontre que le problème n’a rien de religieux.

Halal et respect de l’animal

Au contraire, dans la religion musulmane, le bien-être animal est au cœur des préoccupations. Le hadith de Shaddâd Ibn Aws dit : « Allah a écrit la bienfaisance en toute chose. Si vous tuez, faites-le de la meilleure façon, si vous sacrifiez, faites-le de la meilleure façon. Aiguisez bien la lame et ménagez la bête. » L’association OABA avait porté devant les tribunaux une plainte, estimant que le bio ne pouvait pas être halal. L’affaire de Vigan prouve que la religion n’est pas la cause de la maltraitance animale, mais que la course aux profits et le manque de transparence dans toute l’industrie agroalimentaire française pousse à contourner les lois et la morale.

Pierre Z. Lajarge

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