Selon deux instituts de sondages locaux, Emrhod et Sigma, le parti d’inspiration islamiste Ennahdha aurait obtenu le plus grand nombre de sièges, à savoir 40 sur un total de 217, contre 33 à 35 pour Qalb Tounes, nouveau parti du finaliste de la présidentielle Nabil Karoui, actuellement en prison.

Un troisième sondage, de Targa consult, donne 46 sièges à Ennahdha et 35 à Qalb Tounes.

Les deux formations ont chacune assuré être arrivée en tête, sans donner de chiffres. Les résultats préliminaires officiels sont attendus mercredi.

Mais, selon ces sondages, aucun parti ne dépasse 20% de voix. En terme de sièges, les scores évoqués constituent à peine un tiers du nombre requis pour décrocher une majorité absolue au Parlement (109). Même s’il obtient la première place, Ennahdha perdrait entre 20 et 30 députés par rapport à l’Assemblée sortante.

En outre, derrière ce duo de tête, qui avait exclu toute alliance durant la campagne, le tableau est éclaté: une série de formations hétéroclites détiendraient moins de 20 sièges chacune.

Quel que soit le « gagnant », un casse-tête se présente dans l’optique de rassembler une majorité nécessaire pour légiférer.

« Il faudra probablement quatre ou cinq blocs au moins pour obtenir une majorité, alors que parmi le ‘Top 5’ annoncé, certains sont des ennemis jurés », souligne Selim Kharrat.

« C’est un Parlement qui sera trop morcelé pour fonctionner correctement », conclut-il.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Une semaine après la proclamation des résultats définitifs, le parti arrivé en tête doit être chargé de constituer un gouvernement sous deux mois, période maximale au terme de laquelle un vote aura lieu au Parlement.

En cas d’échec à décrocher une majorité, le président, qui reste à élire le 13 octobre, peut lui-même proposer un Premier ministre, qui disposera à son tour de deux mois pour mener à bien la même tâche.

Si le blocage persiste, le président « peut dissoudre l’Assemblée » et convoquer de nouvelles législatives, indique la Constitution.

Quelles conséquences sur la présidentielle ?

Si Qalb Tounes, créé il y a moins de six mois, fait une entrée remarquée au Parlement, il ne semble pas avoir atteint son objectif de virer en tête au soir des législatives, ce qui aurait pu créer une dynamique pour son chef, Nabil Karoui.

Ennahdha semble parvenu à mobiliser sa base en s’alignant derrière la candidature de l’autre finaliste pour la présidentielle, le juriste indépendant Kaïs Saïed, perçu comme conservateur sur les questions sociétales et que plusieurs sondages officieux donnent gagnant au second tour.

Les vainqueurs, comme lors des municipales de l’an dernier, sont vraisemblablement les listes indépendantes. Il s’agit d’une nouvelle preuve d’une profonde volonté de renouvellement de la part de l’électorat tunisien.