L’épisode de Zone interdite diffusé dimanche 23 janvier 2022, n’en finit pas de faire réagir. Plusieurs personnes, participantes au documentaire, dénoncent des manipulations et subterfuges.

Diffusé il y a plus d’une semaine sur M6, le reportage de Zone Interdite, axé sur l’islamisme radical, suscite encore de nombreuses réactions. Tout d’abord, cette production fait l’apologie de l’islamophobie et encourage à la haine et au racisme antimusulman. Face au danger de l’islam radical, les réponses de l’État traduit la stigmatisation de la communauté musulmane, en particulier celle de Roubaix, pointée par ledit documentaire. Ce à quoi des milliers de personnes ont répondu, en dénonçant l’émission et les producteurs.

 

Mais si l’islamophobie est devenue une figure omniprésente du paysage socio-politique français, c’est parce qu’elle est encouragée par les médias. En effet, Lilia Bouziane, une des intervenantes de ce reportage a fait des révélations choquantes. Cette étudiante en droit à Lyon, portant le voile, déclare avoir été piégée par la production.

 

Manipulations apparentes

La jeune Lilia Bouziane s’est exprimée sur ses réseaux sociaux, pour dénoncer l’émission et ses producteurs. Elle a expliqué avoir été approchée pour un reportage « qui avait pour but de mettre en avant les jeunes, la jeunesse et leur point de vue sur la laïcité ». Elle a accepté de participer à l’émission dans le but de promouvoir la solidarité et le vivre-ensemble.

Le jour de la diffusion, et à sa grande surprise, elle constate que seules quelques séquences choisies ont été diffusées. « Malheureusement la voix off, on a coupé certaines phrases à certains moments, même dans le choix de mes amies… Parce que ce que l’on ne sait pas, c’est qu’on m’a filmée sur 48 heures, et on ne voit qu’une partie de ma journée, on fait attention à ne montrer que mes amies qui sont d’origine maghrébine » précise la jeune femme.

 

Par conséquent, Lilia Bouziane a décidé de porter plainte contre la production du programme ainsi que les deux journalistes l’ayant interrogé. « Les femmes se sont tues trop longtemps. Moi aujourd’hui, Lilia Bouziane, femme musulmane et française, je ne vais pas me taire et je ne vais pas laisser passer ce genre de choses. J’ai été trahie et manipulée par les journalistes de Zone Interdite. (…) Vous êtes malheureusement tombés sur la mauvaise personne, vous avez tenté de toucher mon intégrité et ça… c’est une zone interdite » a-t-elle martelé.

 

Quid de l’éthique journalistique ?

Parmi les critiques essuyées par la production, certaines remettent en question l’éthique des journalistes et pour cause. La Charte mondiale d’éthique des journalistes dite Charte de Munich, documente les droits et devoirs des journalistes en termes d’éthique. De graves manquements sur la conduite des journalistes sont révélés par Lilia Bouziane, illustrant une machination contre l’islam de France.

 

Assurément, les journalistes ont dû mentir et manipuler les participants, pour arriver à leurs fins. Cependant, la Charte stipule que « Le/la journaliste n’utilisera pas de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des images, des documents et des données. Il/elle fera toujours état de sa qualité journaliste et s’interdira de recourir à des enregistrements cachés d’images et de sons, sauf si le recueil d’informations d’intérêt général s’avère manifestement impossible pour lui/elle en pareil cas ».

Ce même document international souligne que « Le/la journaliste veillera à ce que la diffusion d’une information ou d’une opinion ne contribue pas à nourrir la haine ou les préjugés et fera son possible pour éviter de faciliter la propagation de discriminations fondées sur l’origine géographique, raciale, sociale ou ethnique, le genre, les mœurs sexuelles, la langue, le handicap, la religion et les opinions politiques ».

 

Les entorses volontaires au règlement ont pour but de nuire aux musulmans. A travers ce reportage, la production et les journalistes se sont rendus coupables de discrimination et d’incitation à la haine des musulmans. Le climat islamophobe déjà installé par les politiques, nourrit cette haine envers la communauté musulmane, et incite indirectement à la violence à son encontre.