En lançant une campagne sur la laïcité, le ministère de l’Education nationale a montré sa vision raciste de la laïcité.

Le gouvernement français, via le ministère de l’Education nationale, vient de lancer une campagne intitulée « C’est ça la laïcité ». Une initiative qui aurait pu être intéressante si les affiches, qui présentent des enfants et des adolescents, ne faisaient pas appel à des fantasmes racistes. Car, à y regarder de plus près, le gouvernement tente plutôt de parler d’intégration, voire d’assimilation, que de laïcité…

Le message, lui, est plutôt clair : sans la laïcité, des enfants de confessions différentes — comprenez notamment des musulmans et des catholiques — ne pourraient pas participer à des activités communes. Pour appuyer son propos, le ministère de l’Education nationale a mis en scène des enfants aux couleurs de peau différentes et avec des prénoms d’origines diverses et variées.

Comment est-il possible d’être à ce point à côté de la plaque ? « Cette nouvelle campagne publicitaire de Blanquer met mal à l’aise car elle confond des choses bien différentes : religion, couleur de peau, origine sociale, choix des prénoms. Or la laïcité concerne exclusivement la religion. On est ici dans le cliché et l’on frise le racisme », résume le président de l’UPR, François Asselineau.

Pour l’ancienne socialiste, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, le gouvernement a manqué son pari en oubliant d’évoquer « la liberté de conscience, la neutralité de l’Etat, pourtant piliers de la laïcité ».

Jean-Michel Blanquer semble une nouvelle fois tenter d’imposer sa propre vision de la laïcité. Ce n’est pas pour rien si le ministre de l’Education a participé à la fronde contre l’Observatoire de la laïcité, dont il a eu raison puisque ce dernier a fermé. En mai 2018, le ministre avait déjà voulu distribuer un « vade-mecum de la laïcité » dans les écoles, jugeant que les atteintes à la laïcité à l’école étaient « manifestes ».