Le plus gros fonds souverain du monde a annoncé son désengagement du groupe Li Ning. Le fabriquant de textile chinois est soupçonné de recourir au travail forcé des populations ouïghoures.

C’est dans un communiqué de la banque centrale de Norvège que la nouvelle est annoncée. Face au « risque inacceptable que l’entreprise contribue à de graves violations des droits humains », le fonds souverain norvégien se désengage du groupe chinois.

Cette décision fait suite à la recommandation émise par le conseil d’éthique. Ce dernier, dans un avis consultatif, a mis en cause la relation entre Li Ning et un fournisseur réputé pour le travail forcé dans les camps d’internement.

Le fonds souverain norvégien met un point d’honneur sur l’éthique. De nombreuses règles interdisent par exemple les investissements dans les entreprises coupables de violations graves des droits humains ou encore impliquées dans la fabrication d’armement nucléaire ou la fabrication de matières comme le charbon et le tabac. Son conseil renouvelle sa liste d’observation en fonction des avancées enregistrées par chacune des sociétés avec lesquelles le fonds interagit.

La colère chinoise

Le plus important investisseur mondial pèse près de 1259 milliards d’euros. Son poids est incontestable. Son retrait du capital de Li Ning, qu’il détenait à 0,59% a provoqué la colère de la Chine. Pékin a fermement condamné la décision. Tout d’abord, cette indignation s’explique par la perte de ce colossal investisseur. Et s’inscrit ensuite dans la ligne de conduite chinoise, à savoir de nier les faits reprochés sur les traitements inhumains réservés à la population ouïghoure.

La Chine est accusée d’avoir interné dans des « camps de rééducation politique » plus d’un million de Ouïghours. La minorité musulmane du Xinjiang est victime du travail forcé et de mauvais traitements, en violation de ses droits et libertés. Pour le porte-parole de la diplomatie chinoise Zhao Lijian, ces accusations sont « d’énormes mensonges ». Il a d’ailleurs appelé le fonds norvégien à « bien faire la distinction entre le vrai et le faux (…) et ne pas exposer ses intérêts à des pertes inutiles ».

Mais la décision norvégienne est prise. Tant que Pékin bafouera en toute impunité les droits humains des minorités musulmanes sur son territoire, nul retour en arrière n’est possible. Les conditions de détention inhumaines feront l’objet d’une visite de la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme Michelle Bachelet en mai prochain.

 

 

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