Vendredi, BarakaCity participera à la dernière audience pour contester la dissolution de l’ONG, devant le Conseil d’Etat.

Ce vendredi, le Conseil d’Etat va s’intéresser au fond de l’affaire qui oppose BarakaCity au gouvernement. Pour rappel, en octobre dernier, les locaux de l’ONG avaient été violemment perquisitionnés, puis le conseil des ministres, sous l’impulsion de Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, avait décidé de dissoudre BarakaCity. Quelques heures seulement après la publication du décret de dissolution de BarakaCity, les deux avocats avaient alors annoncé qu’ils contestaient « en urgence » la dissolution administrative devant le Conseil d’Etat.

A l’époque, fin novembre 2020, le juge des référés du Conseil d’État avait rejeté la demande de suspension de la dissolution de l’association BarakaCity. Cette fois, vendredi, c’est sur le fond que le Conseil d’Etat va trancher. « Le fond du débat au Conseil d’Etat se portera sur la justice d’exception visant une organisation humanitaire », indique ainsi le fondateur de l’ONG, Idriss Sihamedi, qui affirme qu’il s’agit de « la dernière audience pour contester la dissolution de BarakaCity ».

Dernier épisode, donc, d’une longue série judiciaire. Selon Sihamedi, « les avocats avanceront des éléments sur les décisions arbitraires s’appliquant aux ONG musulmanes mais jamais à ceux qui ont des liens réels avec le terrorisme ». A demi-mots, le fondateur de l’ONG dénonce le cimentier Lafarge, accusé d’avoir financé Daesh.

« Par la décision du conseil d’Etat que nous imaginons tous, nous comprenons que le show politique lancé contre les organisations musulmanes prévaut sur les décisions indépendantes », s’étonne BarakaCity, qui estime que Gérald Darmanin a utilisé sa position pour faire taire une organisation qui le dérangeait.

Au-delà de l’aspect idéologique, c’est également un problème pour les bénéficiaires de BarakaCity, dans plusieurs pays. « Cette dissolution laisse des séquelles énormes aux bénéficiaires, je les publierai juste avant l’audience pour que tout le monde puisse avoir une idée de la douleur de ceux ciblés. Ils sont pauvres, vulnérables, nous les aidions, tout a été arrêté sous ordre de la France », affirme Sihamedi.