Dans un communiqué cinglant, le Collectif stéphanois contre l’islamophobie et pour l’égalité s’étonne des dernières décisions du gouvernement à l’encontre d’associations musulmanes et de mosquées.

Alors que trois imams ont été visés par le ministre de l’Intérieur — après les imams des mosquées de Gennevilliers et de Saint-Chamond, Gérald Darmanin s’en est pris à un responsable musulman roubaisien —, le Collectif stéphanois contre l’islamophobie et pour l’égalité tire la sonnette d’alarme. Il faut dire que ce collectif connaît bien la situation dans la Loire et, par conséquent, à Saint-Chamond.

L’association rappelle que c’est du Rassemblement national qu’est partie cette affaire. « Tout a commencé quand Isabelle Surply, conseillère régionale du Rassemblement National (RN) et conseillère municipale d’opposition à Saint-Chamond, publiait, à peine la prière de la fête de l’Aïd terminée, un extrait du prêche en instrumentalisant les propos de l’imam » de Saint-Chamond, indique le collectif qui rappelle qu’« Isabelle Surply est connue pour ses coups d’éclat qui entrent dans la stratégie de communication du RN ». L’élue avait d’ailleurs dénoncé « la dérive liberticide du gouvernement » et soutenu Génération identitaire après sa dissolution.

Jugeant que « l’islam est incompatible avec les valeurs de la République  », la membre du parti d’extrême droite a cependant trouvé un écho favorable en la personne de Gérald Darmanin. « Le ministre de l’Intérieur s’est alors saisi d’une polémique lancée par  le Rassemblement National, un parti ouvertement xénophobe et ultranationaliste, pour servir son agenda politique en visant une fois de plus les musulmans », déplore le collectif. Pour rappel, la préfète de la Loire a été saisie le 22 juillet pour demander que la mosquée se sépare de son imam. « Et il est même envisagé de retirer le titre de séjour de l’imam de Saint-Chamond alors qu’il est installé en France avec toute sa famille », explique le Collectif stéphanois contre l’islamophobie et pour l’égalité.

Le Collectif « se félicite que cette annonce ait provoqué des condamnations et qu’une pétition, lancée par des Couramiauds, ait déjà recueilli plusieurs milliers de signatures ». Plus de 6 500 personnes ont en effet apporté leur soutien au responsable religieux de la Loire.

Un contexte général d’islamophobie et de racisme

Le Collectif stéphanois contre l’islamophobie et pour l’égalité profite de son communiqué pour dénoncer la « poursuite de la campagne menée par le gouvernement contre les musulmans et les musulmanes de France ». Elle s’étonne la facilité du gouvernement à « perquisitionner, dissoudre et destituer » les imams et associations musulmanes « sur la base de simples dénonciations par le ministre de l’Intérieur de propos prétendument ‘contraires aux valeurs de la République’ ».

En résumé, le collectif affirme que « la laïcité est dévoyée par l’islamophobie ». « Ces destitutions d’imams s’inscrivent ainsi dans un contexte où le racisme en général et l’islamophobie en particulier sont omniprésents dans le débat public et saturent les médias, avec des conséquences concrètes sur la vie de millions de personnes qui subissent insultes, discriminations et violences en raison de leur appartenance réelle ou supposée à la religion musulmane. Ces destitutions sont ainsi la poursuite de la campagne menée par le gouvernement à l’encontre des musulmans et les musulmanes de France, visant à les soumettre non pas seulement aux lois générales mais à un régime d’exception consistant à les invisibiliser, à les réduire au silence, à restreindre leurs capacités d’action et d’expression », indique l’organisation anti-islamophobie.